La crise s’amplifie et rien ne change. Tout l’été durant, nos dirigeants nous ont conduits de plan de sauvetage en plan de sauvetage, de réunion de crise en
réunion de crise. Chaque fois, et alors que la situation semble de plus en plus désespérée, nos dirigeants font preuve d’une totale soumission au
dogme européen, à la monnaie unique : tout va bien dans le meilleur des mondes et l’avenir radieux de la Zone Euro est pour demain !
Or, les gesticulations, les affirmations et les dénégations ne changent en rien le fond de l’affaire, la réalité du drame qui est en train de se jouer. En cela, l’idée, un temps évoquée, de sortir la Grèce de la monnaie unique ne peut en rien représenter une solution universelle à nos difficultés : car s’il existe une crise Grecque, celle-ci ne peut être regardée comme la cause de tout nos maux, mais bien comme le révélateur d’un échec plus vaste, celui de l’Euro. L’importance de la dette et le trucage des comptes de la Grèce -qui n’a pu être réalisé qu’avec la complicité bienveillante de l’ensemble des gouvernements européens- témoigne en réalité des faiblesses, des insuffisances et finalement de l’impossibilité d’un système vicié depuis le début, d’un système mort-né.
Après les milliards injectés, après la propagation de la crise à tous les pays membres de l’Euro, après la démission du directeur économique de la Banque Centrale Européenne, après l’appel au FMI, après les mesures choc imposées au peuples européens, face au risque avéré de défaut de paiement de la Grèce, doit-on, peut-on, continuer à refuser par dogmatisme autant que par inconscience une remise en cause, concertée et intelligente, du système euro ? Ce système, qui nous avait été vendu par tous les économistes « autorisés » et les sommités de ce monde comme la panacée devant permettre à notre pays de se lancer du bon pied dans le XXIeme siècle, d’être plus fort face aux américains et aux asiatiques, ce même système n’évite aujourd’hui l’effondrement total que grâce au soutien des pays émergeants, nous laissant à la merci du bon vouloir des uns et des autres ! L’euro, ce « vecteur d’une indépendance économique sans égale », est aujourd’hui la cause et le prétexte de la soumission de nos politiques nationales à des objectifs et des programmes qui n’ont rien de nationaux : qu’il s’agisse des banques et des agences de notation, imposant leur dictat à coups de menaces, ou du Secrétaire au Trésor Américain, invitant les européens à «reconnaître qu'ils vont devoir en faire davantage et qu'ils ont pris du retard» tous imposent leurs réformes, leurs plans, leurs ambitions…
Comme si la politique se rappelait à nous, nous qui avons oublié avec l’euro que la monnaie n’est qu’un outil entre les mains du pouvoir et non pas que le pouvoir est un serviteur de l’économie et des marchés. A ce titre, il est grand temps que la France, comme chaque pays de la Zone Euro, retrouve sa souveraineté monétaire, composante indispensable de la Souveraineté, et par là même de toute politique nationale digne et efficace.
« L’Europe court à sa perte » a-t-on appris de la bouche de Monsieur Strauss Khan, que ses ennuis judiciaires ne semble avoir fait renoncé à servir ses trois credo : mondialisation, ultra-libéralisation et immigration. Mais que la sommité autoproclamée de la finance se rassure, ce n’est pas là qu’est la véritable question. Car la question est moins de savoir si l’Euro est mort -il l’est bel et bien- que de se préoccuper de l’avenir : doit-on attendre la ruine collective et le départ progressif de chaque pays, dans le désordre, la précipitation et sous la pression des marchés, ou peut-on entamer une réflexion collective et ordonnée visant à sortir d’un système vicié.
Le totalitarisme de la pensée nous à enfermé dans le piège de l’Euro, sans même que les critiques, pourtant justifiées, de certains politiques ne soient entendues ; ne laissons pas ce même totalitarisme nous conduire à l’inaction complice.


Il y aurait bien des choses à écrire sur cette fameuse affaire Dominique Strauss-Kahn, et ce sans enfreindre même la présomption
d’innocence, pourtant, l’une des conséquences les plus graves de cette histoire n’a rien à voir avec les élections présidentielles françaises, le sort du Président du FMI ou encore l’image de la
France qui ressort hélas bien écornée de tout cela. Non, l’information la plus stupéfiante qu’ait entrainé le placement en détention de l’actuel Directeur du Fond Monétaire International paraît
être celle selon laquelle « L’euro est menacé par l’affaire DSK ». Or, si nombre de médias et de journaux spécialisés ont rapporté, à des degrés divers d’analyse cette information,
force est de constater que ce terrible aveux n’a pas suscité l’émoi qu’il méritait.