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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 22:26

images (7) Un constat s’impose : la démocratie française est en panne. Il ne s’agit pas tant des institutions que l’on critique, touche et retouche pourtant plus que de raison, mais bien du système démocratique qui semble lui véritablement malade, sans d’ailleurs que cela n’émeuve qui que ce soit.

 

Le scepticisme croissant des français vis-à-vis du système qui les régit, l’accumulation des lois tous azimuts sans que celles-ci ne soient jamais appliquées, les textes prescrivant une vision officielle de l’Histoire, l’invention de mots aussi grotesques qu’inefficaces sur le modèle de la « démocratie participative », la succession incessante de votes de défiance et de rejet à l’égard de nos gouvernants, l’absence de débats idéologiques au sein des partis dits de Gouvernement et la « peopolisation » de la vie politique; tout cela prouve que la démocratie française ne ressemble pas à ce qu’elle devrait être.

 

Dès lors et même si le sujet peut sembler confus, voir décalé avec les attentes directes et immédiates du Peuple français  il apparaît de plus en plus urgent de s’interroger sur les moyens de « redonner des couleurs » à notre système démocratique. Pour cela, il convient de penser les causes du mal et de tenter d’y apporter des solutions rationnelles, étrangères à toute instrumentalisation partisane et capable d’œuvrer à la seule prise en compte de l’intérêt national.

 

Pourtant, si le débat se doit d’être libre et large, il convient aussi de réfléchir en profondeur afin de ne pas se laisser séduire par des solutions d’apparente facilité, qui ne résoudraient rien, voire amplifieraient les difficultés préexistantes. C’est dans ce contexte que ressurgit, depuis quelques temps, l’idée de rendre le vote obligatoire.


 Une garantie démocratique ?

La défense de la démocratie est le premier des arguments mis en avant à l’appui de la théorie du vote obligatoire. Celle-ci serait ainsi l’outil parfait destiné à répondre à deux problématiques majeures.

D’abord, parce que l’abstentionnisme fait courir le risque d’une crise du système démocratique ; il conviendrait d’éviter que des dirigeants politiques soient élus avec moins de 50 % de participation du corps électoral. L’idée est que, plus la participation est forte, meilleure est la légitimité des élus et la crédibilité des institutions.

Ensuite, il s’agit d’affirmer l’appartenance de l’individu à la communauté nationale et de l’impliquer dans celle-ci. Le vote du citoyen ne serait dès lors plus considéré comme un droit mais comme un devoir. Le principe étant que le « devoir de voter » serait considéré comme une contrepartie du statut de citoyen ; une façon de perpétuer, en ces temps où l’on ne mobilise plus le Peuple pour défendre la Patrie armes en main, une sorte d’engagement au service de la Cité et de la détermination de la politique de cette dernière. 

De plus, les partisans de cette mesure font valoir que, s’il existe bien une obligation de concourir à l’expression du suffrage, celle-ci n’entraîne en rien pour le citoyen une restriction de ses libertés : chacun demeure en mesure de ne pas choisir entre les candidats, proposer, et ce, grâce au voter blanc qui garantit ainsi une libre expression.

 

Une fausse bonne idée.

Malheureusement, il semble qu’une fois encore on se berce d’illusion avec des solutions d’apparente facilité, éloignées de l’enjeu réel, et qui tendent à faire croire qu’il suffit de légiférer pour régler un problème. Or, la vérité est toute autre.

En effet, quelle serait la légitimité d’un homme, certes élu avec 100 % de participation contrainte, mais désignés avec seulement 20 % de bulletins exprimés ? Serait-elle plus forte avec des suffrages blancs qu’avec des abstentions ? Evidemment non ; le problème est ici déplacé, mais on ne voit pas par quel miracle un simple tour de passe-passe pourrait contribuer à faire disparaître.

Ajoutons à cette remarque que la première conséquence de cette mutation aurait pour effet de confondre votes blancs et abstentions, lesquels, dans un système bien fait, devraient chacun témoigner de leur signification propre. S’il existe aujourd’hui des citoyens intéressés par la vie politique mais refusant de se déterminer en fonction des choix qui leur sont soumis, il existe aussi -pourquoi se le cacher- des hommes et des femmes qui décident de s’abstenir car ils ne se sentent pas concernés par la chose publique, qu’ils ne s’intéressent ni ne suivent l’actualité, les enjeux en présence, les programmes exposés. Cela est sans doute regrettable, mais c’est un fait et l’on ne peut en faire abstraction sous prétexte qu’il dérange.  

Suffit-il de décréter le vote obligatoire pour que ceux-ci se mettent à suivre la vie politique du pays, même dans son sens le plus noble ? Doit-on réellement contraindre des individus qui ne se sentent plus attachés à la vie publique et aux questions pourtant essentielles qu’elle pose, à voter ? Est-ce cette obligation nouvelle qui les amènera à se préoccuper des enjeux véritables et à se déterminer en fonction du bien commun ? Il est évidemment permis d’en douter.

Si  la citoyenneté est bien une fonction avec ses droits et ses devoirs, tout indique en revanche qu’être pleinement  citoyen implique d’abord et avant tout de prendre conscience de son appartenance à la communauté nationale, de se savoir situé dans le temps et dans l’espace par celle-ci, de n’agir dans ce cadre qu’au seul regard de l’intérêt général. Or, la fausse bonne idée du vote obligatoire témoigne en réalité de l’oubli de cette ambitieuse exigence citoyenne : il ne suffit pas de contraindre et de proclamer, dans l’allégresse générale, le vote obligatoire pour entrainer de fait l’adhésion de tous à un monde duquel ils se sentent exclus.


Redonner sa voix au peuple, recréer les conditions d’un sentiment citoyen.

Refaire vivre la démocratie française, c’est d’abord et avant tout s’interroger sur les causes réelles de son déclin.

La perte du sens de la  « Respublica » par une élite politique qui abuse de promesses de campagne sans lendemain ; la violation par le Chef de l’Etat de la voix du Peuple qui s’était clairement prononcé en 2005 contre la « Constitution Européenne » ; la soumission des élus de la Nation aux dogmes de la mondialisation libre-échangiste et aux dictats de l’Europe de Bruxelles au détriment des légitimes revendications et intérêts du Peuple Français ; l’absence de représentation d’un certain nombre de courants politiques majeurs, au premier rang desquels le Front National… sont quelques une des manifestations les plus flagrantes de l’abandon du système démocratique dont souffre aujourd’hui notre pays.

Première raison de cette crise, le Peuple est aujourd’hui privé de voie, ou, plus exactement, nul n’entend plus sa voix.

Vox clamentis in deserto !

A ce titre, deux pistes de réflexion pourraient amener à introduire dans nos institutions des évolutions destinées à permettre une meilleure prise en compte de la Vox populi.  Tout d’abord, et parce qu’il convient de garantir une meilleure représentativité des différents courants politiques français car trop nombreux sont aujourd’hui ceux qui ne se reconnaissent plus dans les élus issus du suffrage universel, il semble nécessaire d’introduire une part de représentation proportionnelle dans les assemblées, au premier rang desquelles l’Assemblée Nationale. Comment expliquer en effet qu’aux dernières législatives de 2007, alors que moins de 35.000 électeurs suffisaient en moyenne pour envoyer un élu UMP à l’Assemblée, plus de 2,5 millions de Français s’étant prononcés en faveur d’un candidat se voient privés de représentants dans l’Hémicycle. La situation est pire encore si’ l’on considère les précédentes législatives de 2002 : alors qu’il fallait à la majorité 28.229 voix pour obtenir un siège, près de 5 millions d’électeurs venus voter, soit 18,5% des exprimés, ne trouvaient aucune concrétisation de leur suffrage. Ainsi, à l’occasion de ces deux élections, le Front National, qui réalisait autour de 10%, n’obtint aucun élu. Dans de telles conditions, comment s’étonner de constater que nombre de nos compatriotes ne se reconnaissent pas dans nos institutions, et plus précisément dans celle qui prétend être la « représentation nationale » ? Que chacun sache que son opinion compte, que sa voix sera entendue et qu’il ne vote pas pour rien et pour personne paraît un préalable nécessaire à tout sursaut démocratique. Plus que d’affaiblir ou de diluer le pouvoir, une telle assemblée renforcerait sa légitimité et son rôle de relai de l’opinion publique. Elle permettrait en outre d’éviter la constitution de majorités trop partisanes et soumises aux dictats des partis et des investitures en s’attachant à trouver des voies d’accord entre programmes, d’effectuer des rapprochements clairs et publiques autours de projets concrets et d’idées partagées… chacun prendrait alors ses responsabilités et se montrerait tel qu’il est en réalité. Entre ceux qui cherchent des places et des prébendes et ceux animés par la seule préoccupation de la chose publique, nous assisterions ainsi à une salutaire clarification dont la Respublica, le Peuple et la démocratie ne pourraient que sortir gagnants. Puis, et afin de donner à ceux qui, tout en s’intéressant à la chose publique, ne se reconnaissent pas pleinement dans les alternatives proposées, il convient de donner du sens au vote blanc. Car ce dernier est aujourd’hui comptabilisé avec les suffrages nuls, comme si ceux qui votent blanc n’avaient rien à dire, comme si leur geste n’avait aucune signification. Pourtant tel n’est évidemment pas le cas ; un électeur qui choisi de se déplacer et de voter veut forcément transmettre un message. Même s’il dit « aucun des candidats en présence ne me convient, aucune des idées avancées ne m’intéresse », il dit quelque chose et ce quelque chose mérite d’être entendu. Ainsi rétabli dans son sens véritable le vote blanc serait un rempart citoyen et efficace contre l’abstention. Il permettrait d’attirer bien des abstentionnistes d’aujourd’hui en permettant de distinguer parmi ceux-ci ceux qui sont de véritables citoyens de conviction refusant les alternatives proposées et ceux qui, ne s’intéressant pas à la vie publique, continueraient ainsi de ne pas se déplacer. Dès lors, et afin de mettre ce vote citoyen en adéquation avec la pratique institutionnelle, pourquoi ne pas prévoir un système permettant de comptabiliser les votes blancs et de diminuer les émoluments versés à l’élu en proportion de ceux-ci ? Nul doute que les élus veilleront alors à s’adapter aux attentes de leurs concitoyens, à demeurer plus à l’écoute de ceux-ci. Nul doute aussi que tous ceux qui s’intéressent à la politique, sans pour autant être satisfaits des alternatives qui s’offrent à eux, trouveront une manière digne et utile de s’exprimer.  

Mais rien de tout cela ne parviendra à faire disparaitre totalement l’abstention, et, certains continueront à ne pas s’intéresser à la chose publique et au devenir de notre pays. Pour autant faut-il regretter que de telles personnes ne votent pas ? Sans doute non, et il semble important de laisser la possibilité d’abstention à ceux qui, d’eux même, estiment ne pas s’être suffisamment intéressés, renseignés et informés sur le scrutin. Thucydide disait que « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passernon pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile » ; le mot est sans doute fort, mais n’y a-t-il pas plus à craindre de l’action d’un tel homme que de son inaction ?

Le but d’une réforme en faveur de la démocratie ne doit pas être que tous votent à une élection, mais que tous ceux qui s’y sont intéressés en revanche se sachent écoutés. L’objectif est bien évidemment que ceux-ci soient le plus nombreux possible et que la politique mise au service de l’intérêt général parle à tous. Pour cela, c'est-à-dire pour convaincre un nombre croissant de Français de s’intéresser à la vie de leur pays et d’y participer, pour créer une dynamique d’adhésion citoyenne, il convient, plus que des réformes institutionnelles, de retrouver les moyens nécessaires à « faire la politique ».

Car permettre au Peuple de s’exprimer et d’avoir des élus qui lui ressemblent ne sert à rien si les élus et les décisions arrêtées n’ont aucune valeur. La démocratie est un concept construit à partir de deux termes ; et si l’on parle souvent du premier -le Peuple-, il n’est pas bon pour autant d’oublier le second : le pouvoir. En effet, toute démocratie présuppose l’existence d’un pouvoir réel, c'est-à-dire indépendant et souverain qui s’exprime par la voix du Peuple. « La démocratie c’est le gouvernement du Peuple exerçant sa souveraineté sans entraves. »[1] 

Comme le disait fort justement La Bruyère, « Le caractère des Français demande du sérieux dans le souverain. »

Or, aujourd’hui entravée, soumise au dictat de Bruxelles, aux hégémonies de l’OMC, de l’OTAN et de groupes de pressions multiples, la France s’avère incapable de mener une politique qui lui soit propre. Ainsi, la parole du Peuple, fut-elle un jour écoutée, risque fort de ne pouvoir être entendue. Dès lors, voyant bien que le pouvoir véritable -la capacité de faire la politique- n’est plus aux mains des élus de la Nation, soumis à une autorité extérieure sur laquelle ils n’ont aucune prise et qui n’a donc rien de démocratique, pourquoi les citoyens Français contribueraient-ils à un décorum qui n’a d’autre objectif que de les berner ?

A moins que, profitant d’un scrutin particulier dans lequel l’homme d’Etat est seul face au Peuple, 2012 ne soit justement l’occasion d’en finir avec ce système, l’occasion de retrouver la fierté d’être Français. Or qu’est ce donc que la fierté d’être Français si ce n’est de retrouver dans la politique de la Nation l’expression même de la voix de la France.

 


[1]  Charles de Gaulle

Par Gaël Nofri - Voir les 4 commentaires
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Publié dans : Positions
Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 13:51

 

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Signe des temps, chaque semaine amène désormais de l’eau au moulin des patriotes : partout les informations qui nous parviennent, les réalités que n’arrive plus à masquer le système entrainent une prise de conscience de nos compatriotes. Tel Saint Thomas qui ne croyait que ce qu’il voyait, beaucoup de Français comprennent aujourd’hui, parce qu’ils la voient et la vivent, la détresse de notre pays.



Ainsi en est-il par exemple de l’excellent score réalisé par le parti des Vrais Finlandais. Celui-ci s’inscrit dans une série d’élections récentes favorables, dans tous les pays de l’Union Européenne, aux partis patriotiques notamment opposés à la construction Européenne et à la perte de maîtrise des frontières. Comme l’a fort intelligemment fait remarquer le Président des Vrais Finlandais à l’annonce des résultats de sa formation : «C'est un référendum sur la politique européenne». Ainsi, ces résultats prouvent que le Peuple Français, qui a en 2005, rejeté la constitution européenne, n’était pas le mouton noir de l’UE mais au contraire le précurseur d’un mouvement de fond. Aujourd’hui confrontées à une construction absurde, apparaissant chaque jour plus incompatibles avec la nécessaire mise en place de politiques souveraines garantissant la préservation des intérêts nationaux, les opinions publiques n’entendent plus demeurer spectatrices du drame qui se joue sous leurs yeux.



Il faut avouer que la crise structurelle que vit la zone Euro fut en la matière un fabuleux révélateur. Prévisible, mais hélas in-envisagée par nos élites, celle-ci est là pour rappeler chaque jour au Français que ceux qui n’avaient rien prévu sont aussi ceux qui leur expliquent que sortir de l’Euro serait une folie. Les déboires récents du Portugal, après ceux de la Grèce et de l’Irlande, prouvent non seulement que l’Euro n’est pas une solution miracle contre les crises, mais qu’au contraire, cette monnaie artificielle, ne reposant sur aucune politique claire et aucune réalité existante, nous expose grandement à la spéculation des marchés. La grande supercherie qui consistait à faire croire qu’une monnaie unique était viable alors même que les économies, les réalités financières et les choix politiques demeurent et demeureront dictés par des réalités nationales propres à chaque pays volent aujourd’hui en éclat.



Dans le même temps, et alors que depuis plusieurs années nombreux étaient ceux qui dénonçait les conséquences dramatiques qu’avait le principe de libre circulation en terme migratoire, les crises Tunisienne et Libyenne ont permis une prise de conscience collective d’un problème qui n’est pas né hier. L’immigration massive qu’absorbe la France depuis plusieurs décennies, et, la lâcheté de nos dirigeants a conduit à favoriser une politique du laisser faire, sobrement appelée multiculturalisme, au détriment d’une politique raisonnée de maitrise des frontières et d’une intégration réfléchie. Néfaste aux ouvriers français, dangereuse pour l’identité de la Nation car favorable au communautarisme, cette politique a mené la France au bord du gouffre ce qui n’a pas empêché nos élus de l’amplifier et de l’encourager, jouant en la matière d’une démagogie criminelle.

Rejet de l’Europe de Bruxelles, volonté de sortie de la Zone Euro, refus de l’immigration massive et l’on pourrait encore ajouter doute sur la pertinence de l’alignement de la diplomatie Française sur les intérêts du FMI en Côte d’Ivoire, ou, impopularité de la réintégration de nos armées dans le commandement intégré de l’OTAN… Tout prouve que les fables d’hier ne font plus recettes et que le Peuple Français prend conscience des réalités jusqu’alors cachées.

 

Bien sur, les élites politiques françaises continuent de nier, de faire comme si, de ne pas vouloir voir les réalités en face, dénonçant une France du repli sur soi, de l’hermétisme et de l’obscurantisme… Eux, forcément plus généreux et ouverts que le Peuple, préfèrent s’accrocher à leurs chers idéaux mondialistes et libre-échangistes… Mais après tout, n’est ce pas cela la définition même du dogmatisme, une idéologie que l’on tente de faire triompher envers et contre les réalités qui la contredisent ?



Qui s’étonne encore que le Front National soit le premier parti de la France qui se lève tôt le matin ?

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Lundi 18 avril 2011 1 18 /04 /Avr /2011 20:42

les-logos-des-partis-politiquesA maintenant un an de l’échéance présidentielle, tous les grands partis politiques français semblent comme paralysés, incapables de bâtir un programme pour la France, incapables de sortir de leur division. A travers les errances et les querelles de personnes que l’on ne connait que trop bien, les partis politiques traditionnels prouvent chaque jour combien eux mêmes ne font que subir l’actualité ; incertains quant à leur identité politique propre, comment seraient-ils capables de déterminer un cap fixe pour notre pays ?

 

Au Parti socialiste, on ne sait plus si l’on est socialiste. Chacun sait bien en effet combien la position qui consiste à prôner l’Europe et la mondialisation, à diriger le FMI et à soutenir l’Euro est incompatible avec toute politique sociale, toute politique en faveur du Peuple français. Dès lors comment s’étonner que l’opposition ne trouve pas d’autre forme pour s’exprimer qu’une querelle de personnes, une critique des apparences, une série de petites phrases plus ou moins bien senties… Le PS attend le directeur du FMI comme certains attendent le Messie, avec l’espoir que lui saura quoi penser, quoi dire, quoi faire.

 

Le PCF, parti qui soutint durant tout le XXe siècle l’Etat le plus criminel de l’histoire de l’humanité, semble tellement dépassé par les réalités qu’il comprend désormais qu’il ne lui reste plus qu’à se saborder. S’il ne s’agissait pas de duper les français, la chose ferait presque sourire : clin d’œil de l’histoire ou retournement des évènements des années 20, l’ancien parti stalinien se jette aujourd’hui à corps perdu dans les bras du trotskiste Mélenchon.

 

 

Chez les Verts, les ambigüités longtemps entretenues apparaissent désormais au grand jour : face à un animateur écologiste qui n’est ni de droite ni de gauche -juste bien pensant-, la candidature du juge Eva Joly semble elle de gauche, mais si peu écologiste. L’affaire n’a rien d’étonnant car l’écologie n’est pas une valeur de Gauche, bien au contraire, l’on pourrait même dire qu’il s’agit d’une valeur « génétiquement » inscrite à droite. L’opération de récupération de l’idéal de protection de l’environnement s’effondre enfin devant le mensonge et la duplicité qu’il y a à vouloir mélanger préservation du cadre de vie et ouverture des frontières.

 

Chez les amis de Dominique de Villepin la confusion s’estompe enfin et ceux qui espéraient voir dans l’ancien Premier Ministre un gaulliste de conviction attaché à « une certaine idée de la France » sur le modèle du discours dit de l’ONU en seront pour leurs frais. Au fil des déclarations, des prises de positions et des programmes annoncés l’homme a, comme son ancien maître, achevé sa mue et retrouvé les habits du radical corrézien partisans de l’assistanat, de la mondialisation et de l’immigration…

 

Mais c’est l’UMP et sa myriade de satellites qui demeurent sans doute le cas le plus troublant et significatif : après quatre ans de gouvernement le parti en est encore à définir sa politique, à chercher son positionnement. Entre les centristes qui voudraient plus d’Europe, plus de décentralisation et moins de maîtrise des frontières et Philippe de Villiers qui semble crier dans le désert, Nicolas Sarkozy tente de communiquer en direction de tous, de donner des gages à chacun… sans jamais rien changer d’une politique foncièrement apatride et atlantiste.

 

Mais, si nul ne sait aujourd’hui comment s’accommoder de ses contradictions, de ses incohérences et de son absence totale de vision politique c’est que tous subissent en réalité l’effet dévastateur d’un pouvoir sans pouvoir, d’une nation privée de souveraineté, de politiques qui se sont défaits des moyens propres à faire la Politique. C’est la valse des responsables irresponsables qui expliquent à tour de rôle que les choses sont inévitables, que le monde est ainsi fait, que rien ne peut changer… Alors gouverner pour quoi faire ?

 

Dans ces conditions, nul ne s’étonnera de la monté de Marine Le Pen. La candidate qui parle de la France et des français est en effet la seule qui propose de retrouver les moyens de l’action et par là même de rendre sa voix au Peuple et ses droits à la Nation…

Par Gaël Nofri - Voir les 2 commentaires
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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 20:00

alternativesa186-4f30fLe 10 mai dernier, reprenant en cela le discours officiel largement répandu, Pierre Lellouche annonçait triomphalement dans les colonnes du Figaro « Nous avons consolidé la Zone Euro ». Cette fois, la chose était certaine, plus jamais nous n’aurions à faire face à des crises comme celles qu’avaient connues la Grèce et l’Irlande, au risque de voir notre économie s’effondrer. 

 

Quelle fut donc notre surprise d’apprendre que le Portugal se trouvait lui aussi dans la tourmente, et que, de plan de rigueur en plan de rigueur, il se trouvait incapable d’endiguer l’hémorragie qui le guettait.  Contraint de faire appel au Fonds européen de stabilité financière, au Mécanisme européen de stabilité financière ou aux prêts bilatéraux du Fonds monétaire international, le pays est donc contraint et forcé de faire appel à l’aide internationale pour assurer sa survie , et avec elle, celle des autres pays membres de la zone euro.

Trois enseignements semblent d’ores et déjà pouvoir être tirés de cette affaire :

 

-          D’abord sur l’Union Européenne dont on nous expliquait, jusqu’à récemment, qu’elle était un outil essentiel de développement ayant fait ses preuves. Ainsi, nombre d’experts et de politiques nous « enseignaient » il y a peu que grâce aux importantes sommes qu’elle consacrait au développement des pays, mais aussi à la mise en place d’une législation libérale et ouverte à la concurrence, l’UE avait permis le développement et la modernisation de pays jugés en retard tels l’Espagne, la Grèce, l’Irlande ou le Portugal ! Un joli bilan que les circonstances actuelles permettent d’éclairer d’un jour nouveau.

-          Ensuite, tout prouve que le mouvement profond qui est ici à l’œuvre à certes été révélé par la crise mais est en réalité caractéristique de la Zone Euro, de ses faiblesses congénitales, de ses erreurs initiales, de son irréalisme et de son dogmatisme. Dès lors, il ya fort à parier que celui-ci ne s’arrêtera pas en si bon chemin et contaminera peu à peu toutes les Nations membres de la Zone Euro.  Nous l’entendons déjà, l’Espagne est elle-même très fragilisée et il suffirait d’une réaction des marchés et des agences de notation pour que le magnifique château de carte s’écroule, là bas aussi… Et la France dans tout cela ? Déjà menacée de façon indirecte par l’effondrement de ses économies parties prenantes dans la zone Euro, il serait illusoire de croire que notre pays, fortement endetté et tout aussi dépendant des agences de notation, est à l’abri d’un tel phénomène.

-          Enfin, une fois encore, les médecins appelés au chevet du malade risquent fort d’administrer un remède au moins aussi néfaste que le mal. Car, tous les fonds prêtés présupposent l’adhésion du pays à une vague de réformes voulues et encouragées par le dogme libre-échangiste et mondialiste qui les guident. Ces réformes seront pour le pays bien pire que  toutes les cures d’austérités possibles car, elles ne se contenteront pas de faire faire des économies aux Etats, mais les livreront à la finance internationale. Ainsi, les recettes qui ont conduit le Portugal vers le gouffre sont sensées, demain, le remettre sur pied… ou plus certainement l’achever : accroissement de la dette, privatisations accrues, dérégulation du marché du travail, et ce, sans oublier l’ouverture tous azimuts de l’ensemble des secteurs du marché national aux entreprises internationales… Une litanie que nous connaissons maintenant bien car elle est depuis toujours la doctrine du FMI. Une idéologie certes perverse, mais que rien, même pas les plus dures réalités, ne semblent pouvoir désarçonner.  

Ce brave Monsieur Socrates, Premier Ministre Portugais, plutôt que de demander l’aide d’organismes qui conduiront inévitablement son pays à la mort, devrait plutôt rompre avec le dogme européiste et libre-échangiste qui l’a mené au bord du gouffre. Ainsi, nous ne pouvons que l’inviter à méditer la réflexion de son célèbre homonyme, le philosophe grec Socrate : « La première clédela grandeur estd'être en réalitécequenous semblons être ».

 

C’est en regardant les choses telles qu’elles sont, et, en adaptant la politique du Portugal aux intérêts du Portugal que celui-ci sortira de la crise. Car en matière de Gouvernement il n’existe de grandeur sans souveraineté.

 

C’est en regardant les choses telles qu’elles sont, et, en adaptant la politique de la France aux intérêts de la France que celle-ci évitera la crise… mais cela est une autre histoire !

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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