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Publié dans : Positions
Mercredi 6 avril 2011 3 06 /04 /Avr /2011 08:14

can2011Les élections locales, et particulièrement les cantonales, sont un scrutin difficile à décrypter : s’y mêlent enjeux locaux et nationaux, connaissances personnelles et méconnaissance du rôle des Conseillers Généraux, ras-le-bol généralisé et habitudes de vote… Cependant, il semble que trois enseignements majeurs puissent être tirés du scrutin que vient de vivre la France, trois enseignements qui doivent nous permettre de mieux comprendre le paysage politique national, à un an d’un scrutin majeur.

 

 

Tout d’abord, l’effondrement de l’UMP paraît incontestable.

 

Cette déroute est d’autant plus criante que l’on sait que le score de celle-ci est « gonflé » par les contextes locaux et l’implantation de nombre de candidats. Malgré cela, le parti dit majoritaire ne parvient pas à dépasser la barre des 20% de suffrages exprimés, soit près de 8% des inscrits ! S’il serait bien prématuré d’en tirer des conclusions immédiates pour les Présidentielles, il n’est qu’à voir l’embarras dans la majorité, la division de ses nombreux chefs, les velléités de candidature des uns et des autres pour comprendre que le Chef de l’Etat ne tient plus ses troupes, que tous doutent aujourd’hui de la voie choisie. Il faut dire que dès sa fondation ce parti avait annoncé la couleur : il serait celui du cynisme, préférant reléguer les questions idéologiques au second plan, il devait être l’outil par lequel nos dirigeants « de droite, du centre et de l’ouverture » obtiendraient la victoire électorale. « Union pour une Majorité Présidentielle » fut le premier nom de l’UMP, comme s’ils avaient ainsi voulu signifier que ce qui comptait dans l’affaire était plus d’obtenir le pouvoir que les choix de société qu’ils mettraient en œuvre. Le succès de Nicolas Sarkozy et son accession à la présidence du mouvement furent rendus possible par le même cynisme : bien que nul ne se faisait d’illusions sur les valeurs du personnage, tous le soutinrent car ils le pensaient le mieux placé pour l’emporter… Mais aujourd’hui la machine à gagner s’est enrayée et chacun tente de sauver sa peau, ses mandats, son pré-carré de privilèges.

 

 

Ensuite, le succès annoncé du Parti Socialiste qui mérite d’être nuancé.

 

Il n’est pas inutile de constater que, si le PS gagne du terrain sur la quasi-totalité du territoire national, ce résultat est plus à mettre au crédit du rejet du Gouvernement en place que d’une adhésion véritable. Car, si on peut légitimement douter que les Français aient accordé, en connaissance de cause, leurs suffrages à des exécutifs de Gauche dont les mots d’ordre demeurent accroissement de la dette, augmentation des impôts et clientélisme partisan ; il semble en revanche évident que nombre de nos compatriotes se sont ralliés au slogan « sortir les sortants ».

 

Le fait que cette énième preuve de la désaffection des Français pour leurs Gouvernants -indépendamment d’ailleurs de leur couleur politique- se soit accompagnée d’un nouveau record d’abstention montre que nombreux sont ceux qui ne sont plus dupes de la démagogie électoraliste qui se joue à chaque scrutin. Beaucoup s’aperçoivent qu’il ne suffit pas d’aller d’alternance en alternance pour faire vivre une démocratie. Comment ne pas voir en effet que le programme du PS ressemble, pour les sujets essentiels, à celui de l’UMP : Union Européenne, mondialisation, ultra-libéralisme, euro, immigration, insécurité, dette de l’Etat, ouverture des frontières…

 

 

Enfin le résultat du Front National qui doit être étudié avec attention.

 

Celui-ci fait un score important, voire très important, notamment parce qu’il fait jeu égal avec l’UMP. Mieux, il atteint en moyenne 40% dans les cantons où il est parvenu à se maintenir au second tour. Ce résultat prouve que le parti de Marine Le Pen a su consolider son socle électoral tout en s’ouvrant à de nouveaux électeurs, conscient que la question Nationale demeurait le seul et unique thème de positionnement des temps à venir. Ce mouvement de fond est incontestablement un succès car il redistribue les cartes pour les élections à venir : il n’y a qu’à voir l’effervescence des élites politico-médiatiques en place pour comprendre que Marine Le Pen s’est imposée dans le paysage politique français actuel.

 

Cependant, victime d’un évident déni de démocratie permettant à l’UMP, qui fait jeu égal avec le FN dans les urnes, d’obtenir quelques milliers de conseillers généraux contre seulement deux pour le FN, le Front National ne parvienne pas à concrétiser pleinement ses scores. Cette constatation pose inévitablement la question des capacités de celui-ci à s’imposer à l’occasion d’un scrutin majoritaire… présidentiel, mais aussi législatif.

 

Or, c’est à mon sens dans ce domaine que l’arrivée de Marine Le Pen peut le plus changer la donne : le succès obtenu à l’occasion de ce scrutin ne fait qu’anticiper la véritable révolution politique que provoquera à terme la nouvelle présidente du FN en 2012. Le point fort de celle-ci n’est en effet pas d’être à la tête d’un parti plus ou moins puissant, mais bien d’être en mesure de se hisser au dessus des divergences historiques et des contingences politiques afin de parler de ce qui devrait rassembler le corps électoral national : la France et son avenir. De cette évolution devrait inévitablement naitre nombre de ralliements d’électeurs qui aujourd’hui ne se reconnaissent plus dans le système actuel.

 

Si aujourd’hui le FN est fort et s’il fait peur à l’UMP et au PS c’est qu’en 2012, Marine Le Pen semble en mesure de fédérer autour de son nom ce que certains appelleraient volontiers une « union des patriotes ». Le jour où les gaullistes sincères côtoieront d’anciens partisans de l’Algérie Française, ou des militants de ce qu’il est convenu d’appeler « l’Extrême Droite » seront rejoints par d’anciens chevènementistes, les royalistes par les républicains fervents et ceux qui croient au ciel par ceux qui ni croient pas est peut-être arrivé… C’est sans doute cela aussi l’effondrement du système !

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Brèves
Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 22:00

arton4751-1d3fbLe Parlement Européen et ses services jouent finalement assez bien les vierges effarouchées.

Comment en effet ne pas être estomaqué par l’aplomb avec lequel ceux-ci communiquent au lendemain de l’annonce faite par le journal britannique Sunday Time selon laquelle trois députés européens auraient accepté la somme de 100.000 euros contre le dépôt d’un amendement visant à favoriser ce qu’ils croyaient être les intérêts d’une entreprise privée. Il est en effet de notoriété publique que ce système de corruption est monnaie courante, voir même encouragé, organisé et, parfois, financé par les institutions de Bruxelles. Ainsi, n’est-il pas rare de constater que nos chers eurodéputés ajoutent bien souvent à leurs maigres émoluments de 200.000 euros par an (sans prendre en compte les notes de frais), de belles rémunérations de « consultant » pour des entreprises privées. Il n’est qu’à se promener dans la capitale belge pour s’apercevoir que les grandes firmes, les groupes de pression qui comptent et les communautés les plus diverses y possèdent toutes une antenne chargée d’y faire du « lobbying ». Jolie anglicisme pour désigner ce qui n’est finalement rien d’autre que de la corruption.

Certes il existe de la corruption directe et de la corruption plus ou moins maquillée, camouflée derrière quelques avantages bien réels… Le fait est que les règles décidées à Bruxelles et Strasbourg semblent bien éloignées de la préoccupation d’intérêt général qui devrait pourtant être la règle !

Mais que l’on se rassure, nos nobles dirigeants de l’Union le promettent et le jurent, cette fois tout est fini… D’ailleurs, deux des trois élus pris la main dans le sac ont déjà démissionné. L’un d’eux, Ernst Strasser (autrichien) sera remplacé par Hubert Pirker. Un homme bien loin de ce genre de pratique : déjà député européen de 1996 à 2004 et de 2006 à 2009, Hubert Pirker dirigeait depuis cette date EU Triconsult… une agence de lobbying bien sur !

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Revue de presse
Vendredi 1 avril 2011 5 01 /04 /Avr /2011 10:34

chimere

Stupéfaction !

Qu’Harlem Désir soit un ardent partisan de l’avortement, cela est son droit le plus strict. Qu’il entende défendre sa conception des choses en la matière ne me choque pas outre mesure. Pourtant, ceux qui auront bien écouté l’émission « Mots Croisés » qui l’a vu s’opposer à Marine Le Pen auront bien remarqué que ce n’est pas sur le fait d’être pro- ou anti- avortement que le numéro deux du Parti Socialiste a attaqué la présidente du Front National. Non, et c’est bien là que le bas blesse. Monsieur Désir reproche au FN de compter parmi ses promesses de campagne « un référendum sur l’avortement ». Or, et au risque de provoquer moi aussi la stupéfaction chez nombre de bien-pensants, je revendique de faire partie de ceux qui estiment qu’un débat dépassionné et réel sur ce sujet est nécessaire. Depuis trop longtemps les médias nous présentent ce sujet comme réglé, faisant l’objet d’un large consensus (au moins dans celle qu’ils considèrent être la partie évoluée de l’opinion publique) et allant dans le sens d’un progrès humain et social indiscutable. Pourtant, il me semble qu'il y a bien, de part et d'autre, matière à discussion et l’idée que la législation actuelle, plus que de permettre l’avortement, encourage à celui-ci devrait nous amener à réfléchir. Peut-on considérer l’avortement comme une voie de contraception normale ? Est-ce le rôle de l’Etat d’orchestrer des campagnes de promotion en sa faveur ? (…) Peut-on adapter la législation à l’évolution des mœurs, des comportements et des réalités. Ces dernières ne manqueront pas d’interpeller tous ceux qui regarderont les chiffres de façon objective: chaque année, ce sont plus de 200.000 femmes qui avortent soit un taux de plus de 15 pour 1000 ; depuis trente ans le nombre d’avortements en France n’a pas diminué…

 

Négation !

On pourrait hélas reprendre la même analyse sur bien des sujets. Ainsi en est-il notamment de la place de l’Islam en France et de son rapport à la Laïcité. Car, si l’on peut aisément critiquer l’attitude de l’UMP qui instrumentalise grossièrement le sujet à quelques mois d’un scrutin important -avec le risque certain de faire totalement disparaitre l’aspect réflexion au profit d’une communication exclusivement partisane-, il est en revanche lamentable d’entendre tous les chantres de la bien-pensance expliquer qu’un tel débat est indigne de la République. Mais qu’est ce qui, dans ce débat, apparaît contraire à l’idée républicaine ? Est-ce que leur conception de la République est de nier les réalités, en espérant que le fait de diaboliser le Front National suffise à faire oublier les fautes de l’UMPS en la matière ? Le fait qu’un certain nombre d’hommes et de femmes politiques, aspirant à gouverner, estiment nécessaire de se poser la question de la pertinence de nos lois (qu’il conviendrait déjà de faire appliquer) et de leur évolution face à des comportements et des problématiques étrangers à ceux qui avaient présidés à la naissance du principe de Laïcité est-il scandaleux? Doit-on continuer à nier les difficultés réelles, les tentions et les divergences qui existent entre notre société d’essence chrétienne, et une religion assise sur des principes qui lui sont propres, difficilement conciliables avec l’existence d’une sphère politique indépendante de la sphère religieuse ?  

 

Interdiction !

A ce jeu des débats qui n’en sont pas, des thèmes touchés d’anathèmes et des réflexions interdites par les beaux-esprits, il est un cas tout à fait singulier : celui de l’euthanasie. Ici, point besoin de s’interroger, la réponse nous est déjà offerte. Car les médias l’ont dit, les philosophes du petit écran et autres bobos autorisés sont venus nous l’expliquer : 95% des Français sont pour, mourir dans la dignité va dans le sens de l’Histoire et seuls les extrémistes enragés peuvent y être opposés. Pourtant, la question ne mériterai-t-elle pas un débat plus large ? La question de la mort est finalement aussi complexe que celle de la vie, elle est intime et personnelle. Les arguments de part et d’autres ne manquent pas, et beaucoup sont valables. Depuis des siècles, philosophes, théologiens et penseurs alimentent la réflexion des législateurs sans que jamais aucune solution pleinement satisfaisante et totalement évidente n’ait été trouvée ; et, aujourd’hui, l’on prétendrait nous imposer une réponse toute faite, une réponse à laquelle tout le monde adhérerait ? Comment ne pas voir en réalité que derrière la revendication de ce large consensus se cache un débat que l’on tente d’escamoter. Comme une sorte de « fermer le banc » qui mettrait un terme à toutes les difficultés, les penseurs d’un monde nouveau prétendent détenir proclamer une « vérité vraie » car révélée, incontestable car incontestée.

 

Infréquentable !

Toute affirmation se référant au sens de l’Histoire, au progrès moral et à la nécessité humaniste semble nécessairement partir d’un endroit situé à équidistance entre un plateau de télévision et la cuisine d’un intellectuel de Gauche…

C’est là en tout cas que semble s’être réglée l’abolition de la peine de mort. Ici encore, la question est moins de savoir ce que pensent les uns et les autres, que de constater qu’il ne peut exister aucun débat profond sur le sujet. Abolie alors qu’une majorité de Français en étaient partisans, toujours soutenue par près d’un électeur sur deux, objet de nombreuses controverses, la peine de mort divise les camps et transcende les opinons. Vaut-il mieux laisser un homme en prison à vie que de l’exécuter ? Que faire des violeurs d’enfants et des assassins de policier ? N’existe-t-il pas des cas dans lesquels l’Etat est légitime à donner la mort, même à un être humain ? Où commence et où s’arrête l’inacceptable ? (…) Autant de questions avec lesquelles une immense majorité de Français ne sont pas au clair. Privés d’un débat de fond et d’une réflexion qui n’auraient sans doute pas été inutiles en 1981, ce sujet leur demeure interdit, tel un tabou d’Etat que nul ne serait aborder sans risquer, si ce n’est sa vie, tout du moins sa crédibilité. Mais qu’importe finalement ce que pensent les français, qu’importe aussi la façon dont ceux-ci ressentent leur législation, ce qui compte vraiment c’est que nos médias, au premier rang desquels nos chaînes publiques, fêtent tous les ans l’évènement en grande pompe, présentant l’affaire comme le couronnement de l’humanisme politique, l’instant qui illumina toute une présidence.

 

Débile !

Quant à la réaction des milieux autorisés face à un politique qui expliquerait que l’Union Européenne est une folie de laquelle il convient de sortir, que les choses sont loin d’aller mieux depuis l’entrée en vigueur de l’Euro, ou, que face à la mondialisation il convient de retrouver un Etat-Nation fort, gardien de ses frontières… il n’est même pas besoin d’en parler.

Celui-là est forcément un débile profond qui, outre le sens de l’Histoire, ne parvient pas à percevoir les nécessités scientifiques qui font de la désintégration nationale une impérieuse nécessité. Et qu’importe si la plupart des Nations de notre monde ne suivent pas notre route, qu’importe si le système s’effondre et les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, qu’importe enfin la défiance des Français et leur vote à l’occasion du Traité établissant une Constitution pour l’Europe ; ce qui compte par-dessus tout c’est l’opinion de nos penseurs autorisés et de nos élites politiques. Celles-ci, qu’elles viennent de l’UMP ou du PS, entonnent en cœur une marche triomphante à l’ultralibéralisme.

  

 

Hélas, je le sais, il y a des esprits « supérieurs » qui, à la simple lecture de ces quelques lignes m’auront déjà condamné et étiqueté dans la catégorie des « fachos ». Vaste appellation des temps modernes par laquelle on ostracise les 10, 20, 25, 30 et peut-être demain 50% des français qui ne pensent pas comme il convient. Avec eux, il n’est point besoin de débattre, le simple terme « facho » se substituant à toute argumentation construite.  Or, là est le véritable problème de notre société : sur les cinq thèmes précédemment abordés, je n’ai donné mon avis pour aucun d’entre eux (et celui-ci n’est pas forcément celui que l’on pourrait croire). Je me suis contenté de mettre en avant les raisons qu’il y avait d’ouvrir le débat, d’interroger les Français, de faire tomber ces dogmes imposés que rien ne justifie. Le drame de la vie politique française c’est qu’il semble devenu impossible d’aborder certains sujets et qu’une caste dirigeante y dicte les thèmes autorisés et ceux interdits : ce n’est pas seulement la démocratie qu’ils confisquent, mais la politique tout entière. Car la politique cela ne doit pas être le lieu d’une lutte stérile pour la conquête de place mais l’espace sacré de décision et d’affirmation de choix visant à déterminer un modèle de société, de civilisation, une identité qui nous soit propre.

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Positions
Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 08:21

presidentielle-fillon-craint-le-risque-d-un-21-avril-pour-lAinsi donc François Fillon a-t-il profité de son intervention a l'occasion d'une rencontre « laboratoires d’excellence » pour faire part de sa conviction, pire, pour affirmer de façon péremptoire "sa vérité": ceux de nos concitoyens qui pensent que la France a un avenir en dehors de l'Union Européenne se leurrent et engagent la France sur une voie mortelle.

« "L'UE et l'Europe politique sont des évidences absolues. Face aux 7 milliards d'habitants que compte notre planète, l'isolement national n'a aucun sens. (Ceux qui disent) qu’il nous faut dégager de l'Union européenne et refermer nos frontières, il est clair qu'ils se trompent d'époque ». 

Trois constatations premières peuvent découler de la déclaration précitée: tout d'abord, au nom des principes républicains, le Premier Ministre use et abuse de sa fonction afin d’intervenir dans le débat électoral, ce qui me semble contraire à l’étique républicaine; ensuite il n'est pas inintéressant de constater  que c'est a l'occasion d'une intervention dans le domaine de la science et de la recherche que s'est exprimé le chef du Gouvernement, comme pour mieux appuyer sa charge contre les défenseurs de la Nation sur l’idée que cette  affirmation bénéficie d’une sorte de label « Scientifiquement prouvé »; enfin, et peut-être surtout, il pose comme un fait établi l'idée que l'UE soit une nécessité économique, politique et historique. Il ressort de ce constat que François Fillon considère l’Union Européenne comme « un fait établi, une loi biologique, l’expression du sens de l’Histoire ».

Il semble donc, malgré ce qu'affirment nos intellectuels "bien-pensants", que nous soyons en pleine tyrannie de la pensée. En effet, nous ne pouvons en rien contester l'Union Européenne et ses nuisances puisque celles-ci n’apparaissent plus comme les conséquences d’un choix politique mais comme une donnée intangible et incontestable... Or, on ne conteste pas une donnée, on apprend à vivre avec elle. Tel est en substance le message que veut nous faire passer le Premier Ministre: "Circulez pauvres gens, il n'y a rien à voir!"

Seul argument venu étayer ce raisonnement qui n'en est pas un, nous vivons aujourd’hui dans un monde de sept milliards d’êtres humains, avec des contraintes et des données nouvelles… Un peu court tout de même, surtout si l’on considère que depuis maintenant trente ans, nos dirigeants successifs, au nom des mêmes arguments, des mêmes analyses et des mêmes aspirations nous ont engagé dans une voie dont nous constatons chaque jour un peu plus l’inefficacité, la faiblesse… le fatalisme.

Face à une pente naturelle qui nous pousse vers l’affaiblissement des Nations, la dérégulation des marchés, la fin des frontières, la disparition des identités il n’existe que deux alternatives celle du renoncement et de la soumission que prônent nos élites, ou celle de la résistance, de l’affirmation de soi notamment grâce à l’affirmation de la Souveraineté Nationale, seule capable de répondre aux défis des temps nouveaux.

Les grandes Nations d’hier comme d’aujourd’hui sont celles qui n’ont pas renoncé à se battre.

 

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