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Publié dans : Articles-Débats
Jeudi 7 octobre 2010 4 07 /10 /Oct /2010 14:51

 

 762472-933269Il y quelque chose de révoltant dans cette fameuse affaire des « roms », et au risque de choquer je dois avouer que ce n’est pas les conditions du retour à la frontière qui m’émeuvent. Non, l’aspect insupportable de cette histoire est qu’une fois encore les apparences prennent le pas sur l’action véritable. Car, qu’on se le dise, les « roms » sont des populations de nationalité roumaine et donc membre à ce titre de l’Union Européenne, bénéficiant dès lors des mêmes droits que les autres d’aller et venir… mais aussi à revenir. Ainsi, ceux qui partent aujourd’hui devant les caméras reviendront demain, en toute légalité. Cela Nicolas Sarkozy et son Gouvernement le savent très bien mais, le but n’est pas de parvenir à un résultat mais d’adopter une posture.

 

Voici pour les apparences, reste le fond de l’affaire. A la vérité, de tout temps les gens du voyage sont venus en France et ont été officiellement tolérés depuis la fin du Moyen Âge. Alors qu’est ce qui a changé ? Pourtant, d’un seul coup les Roms ne sont pas devenus plus violents qu’avant, plus voleurs qu’hier, plus nomades qu’ils ne l’ont toujours été. Car n’en déplaise « aux droits de l’hommiste », à l’ONU, à l’Union Européenne, et à Bruxelles ces peuples ont une identité et ne comptent pas l’abandonner ou se sédentariser au nom de la haute idée de l’humanité que ces Messieurs se font.

 

La vérité, c’est que ce ne sont pas les Roms qui ont changé mais la France qui s’est transformée : un peuple qui redoute de ne plus être maître chez soi, un gouvernement qui ne gouverne plus rien, une identité nationale méprisée, des lois non appliquées… C’est parce que nous avons renoncé à faire appliquer, sur notre territoire, les règles qui sont les nôtres, que la situation en France est devenue intenable.

 

Voici les conséquences d’un monde dans lequel seules comptent les apparences : dans la circulaire du Ministère de l’Intérieur incriminée, le Directeur de Cabinet du Ministre demande la destruction –médiatisée de préférence - de 300 des 600 camps illégaux recensés en France. Est-ce à dire que l’on tolère 300 camps connus de l’Etat et reconnus par celui-ci comme illégaux ? Quel cas fait-on alors de la Loi si la puissance publique se satisfait d’une situation dans laquelle la Loi, est bafouée ?

 

Une fois encore les apparences ne changeront rien : personne ne fera appliquer la Loi, toute la Loi, rien que la Loi. Partout les grands féodaux castrateurs de la puissance publique sont intervenus ; ils ont ordonné; Paris s’est soumis. Un pouvoir qui ne peut rien, voici le problème français.

 

Publié in " La lettre du RIF"

Octobre 2010

 

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Mardi 10 août 2010 2 10 /08 /Août /2010 13:25

 hopliteSi l’on devait retenir une et unique chose du résultat des dernières élections régionales, ce serait sans doute l’idée que les politiques sont aujourd’hui affaiblis. Je dis le politique, je ne dit pas uniquement le Gouvernement. Car s’il est incontestable que Nicolas Sarkozy et son entourage ont subi un formidable camouflet il est bien évident que la naïve explication d’un souhait d’alternance ne tient plus la route, loin s’en faut : c’est aujourd’hui l’ensemble des partis, la totalité des responsables politiques qui se trouvent contestés par la Nation.

 

Avec 23 millions d’abstentionnistes, un millions de votes blancs ou nuls et prés de 5 millions de personnes qui ne sont même plus inscrites sur les listes électorales, qui peut encore se prétendre le grand gagnant des élections. Aujourd’hui, près des deux tiers de la population en âge de voter choisit de ne pas prendre part au scrutin ; l’opposition triomphante représente au second tour à peine plus de 18% lorsque la majorité d’hier ne pèse plus que 13%.

 

Ces chiffres ont de quoi choquer mais ils ne sont pourtant pas nouveaux : en 2009, les medias avaient loué la victoire écrasante d’une majorité sarkozyste éclatante… les listes UMP ne totalisaient pourtant que 4,8 millions de suffrages  soit 10% du corps électoral.

 

Autre indicateur, un sondage réalisé par la SOFRES, fort intéressant mais passé totalement inaperçu montre que seuls 14% des personnes sondées ont confiance en la gauche pour gouverner le pays et  16% ont confiance en la Droite. Enfin, 67% des interrogés déclaraient ne pas avoir confiance dans les politiques toute tendance confondue. Ces résultats ne sont finalement pas très éloignés du score réel des élections régionales.

 

Une première explication de cette tendance nous est alors fournie par la seconde question de ce même sondage : 78% des personnes interrogées estiment que les responsables politiques français ne se préoccupent pas (ou peu) de leurs problèmes et de leurs opinions. En effet, comment ne pas voir  que nos dirigeants sont plus accaparés par leurs guerres intestines et leur volonté d’accéder aux postes et aux privilèges que par le souci du bien commun. Caricature de cette triste réalité, l’appellation Union pour un Mouvement Populaire, loin de traduire un combat de valeur, laisse bien entendre la priorité de ses messieurs : une majorité, des postes, des sièges ! Nous sommes loin de la France du général de Gaulle, lui qui se plaisait à dire que « La politique, lorsqu’elle est un art et un service, non point une exploitation, c'est une action pour un idéal à travers des réalités. »

 

Certes il n’y a plus d’idéal, mais est-ce la seule perte que nous ayons à déplorer ? Certainement pas car instinctivement, ce que les Français sentent et que nos dirigeants feignent de ne pas constater c’est que d’abandon de Souveraineté en abandon de Souveraineté, de soumission en soumission et d’érosion du pouvoir en érosion du pouvoir, c’est le pouvoir lui-même qui a disparu. Pour reprendre la phrase de de Gaulle, il manque aussi à nos dirigeants, en plus de tout le reste, une véritable capacité d’action.

 

OMC, Union Européenne, Euro, OTAN, dette publique, immigration, effondrement de l’autorité de l’Etat(..) nos dirigeants ne dirigent plus rien. Dès lors comment s’offusquer que notre représentation nationale ne représente plus personne à l’heure ou nos politiques ne font plus de Politique.

 

Il est désormais temps que, comme le dit la pensée romaine, et selon une phrase chère à ce même de Gaulle, les choses redeviennent ce qu’elles sont et qu’elles n’auraient jamais du cesser d’être.

 

Publié in "Les Cahiers de l'Indépendance n°11"

 

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Jeudi 3 juin 2010 4 03 /06 /Juin /2010 23:29

arton4751-1d3fb Une fois encore, le pire a été évité de justesse ; mais combien de temps cela pourra t-il encore arriver avant que la catastrophe tant redoutée ne survienne enfin ? Pourtant, si l’on voulait bien la voir telle qu’elle a été, la crise grecque se trouve être un fabuleux révélateur de la fragilité, pire, du mal qui gangrène aujourd’hui les Nations européennes.

Une solidarité qui s’apparente à de la peur :

Si après plusieurs semaines d’intense tractation les pays de la zone €uro ont accepté de mettre sur pied un plan de sauvetage de l’économie grecque, force est de constater que celui-ci  n’allait pas de soi… Face aux appels désespérés à la solidarité communautaire, le beau rêve bleu étoilé de construction européenne s’est dissipé, laissant place au monde des réalités, celui des Nations souveraines et des peuples bien conscients de leurs intérêts. Et ce, tant et si bien que certains supposèrent même que la Grèce allait être le premier pays à sortir de l’Euro afin de retrouver la maîtrise de sa politique monétaire et sa capacité d’agir sur son taux de change. Malheureusement, l’espérance ne dura qu’un temps et le dogme bruxellois veillait : le message constant des européistes étant d’expliquer que le « retour en arrière est impossible », comment envisager dès lors de donner la preuve du contraire ? Dans ces circonstances, il ne saurait être question de parler d’une éventuelle sortie de l’€uro... Bien au contraire, il fallait s’employer à sauver par tous les moyens possible l’Euro, illustrer cette fameuse « solidarité européenne », aidé en cela par une Allemagne qui, d’abord réticente, ne sait que trop bien les avantages monstrueux qu’elle a à maintenir les capitales européennes sous la chape de plomb de la monnaie unique.

Dès lors, l’opération ne fut pas difficile à monter : selon un bon vieux principe qui n’aurait déplu à Hobbes, si ce n’est pas le désir de sauver Athènes qui peut être le moteur de ce nécessaire « élan du cœur » des gouvernements de l’Europe, seule la peur est à même d’obtenir pareil résultat.  Or un tel sentiment n’est pas bien difficile à inspirer si l’on admet le fondement du dogme européiste selon lequel l’intégration est irrémédiable, on ne peut sortir de l’Euro. Alors les nécessités de l’un sont celles de chacun, les erreurs d’un seul exigent des sacrifices consentis par tous. C’est ainsi, contraints et forcés, que des Etats surendettés ont consenti à mettre la main à la poche afin de venir au secours… d’un autre Etat surendetté. 

Car une fois chacun convaincu de se trouver pieds et points liés attachés à la monnaie unique, il n’était pas difficile de mesurer l’étendue du péril. Celui-ci, plus encore que la contagion à d’autres pays, laissait alors craindre aux économistes une implosion de la zone Euro comme en témoigne l’interview du patron de la banque DEXIA, lequel affirmait alors dans les colonnes du Figaro que le plan de sauvetage était une nécessité, au regard de « l’urgence de la situation », laquelle menaçait directement l’Euro.

Dès lors faut-il se réjouir et se dire que tout va décidément très bien dans le meilleur des mondes ? Sans doute pas, car la vérité est que tous les plans d’austérité ne changeront rien au fond du problème : la balance commerciale de la plupart des pays est aujourd’hui, du fait de l’euro, tellement déficitaire qu’il conviendrait d’y baisser chaque année les salaires de près de 10% si ces pays ne voulaient pas voir leur situation se détériorer encore. Seule grande gagnante de ce jeu de massacre, l’Allemagne a aujourd’hui acquis, sur le marché « Zone Euro » un tel avantage qu’elle semble intouchable… Le pays, qui avait bien compris quels avantages il pouvait tirer de cette construction idéologique et chimérique, s’est servi de la monnaie unique comme d’une arme au service de ses velléités dominatrices avec beaucoup de succès.

Dans de telles conditions, qui peu encore croire que la crise est passée et que l’avenir ne s’annonce pas encore plus sombre que le présent ?

 Une construction débile et infirme.

Selon les mots même de Nicolas SARKOZY, « cette crise est une crise systémique ».

Cette analyse faite, il convient de pousser le raisonnement jusqu’à son terme. Car, si la crise touche le système tout entier, c’est que le système n’est pas adapté à la situation, qu’il ne permet pas de répondre aux exigences et aux attentes du moment. La vérité est que la monnaie unique s’est alors trouvée menacée par la première difficulté advenue sur sa route car elle ne correspond à aucune réalité tangible et solide, elle a mis sur pied un système débile au sens étymologique du terme, c'est-à-dire un système infirme et incapable.

-      Infirme car l’Euro a été conçu comme une monnaie unique coupée de toute politique économique commune. Or, la monnaie est dans le monde des Etats Souverains un outil de gouvernement et non une fin en soi. Une économie qui ne pourrait agir sur sa monnaie souffre d’un terrible handicap sur la scène internationale ; une monnaie qui vit sans lien avec son économie est un non sens. On prend ici les moyens pour les fins, car la monnaie ne fait pas un peuple, pas plus d’ailleurs qu’elle ne fait les économies ou les politiques, mais est un outil entre leur main. Contrairement à ce que croient aujourd’hui les « marchands du temple » qui ont hissé l’argent au rang d’Alpha et d’Omega de notre civilisation, une monnaie ne fait pas une Nation, mais les Nations doivent battre leur monnaie.

-      Incapable car la maladie dont nous abordions l’existence en introduction de cet article nous apparait dorénavant de façon claire : elle est congénitale car remonte à la fondation même de la zone, elle est aussi génétique si l’on considère l’Euro fruit de l’idée de construction européenne.

Cette idée est en effet basée sur la folle chimère d’une politique européenne unique, or chacun sait aujourd’hui qu’il ne peut y avoir de politique européenne unique car il n’y a pas de légitimités européennes découlant  d’une réalité forte et partagée par tous les Peuples européens. Les réalités du continent européen, sont celles de Nations européennes, celle d’une diversité des histoires, des langues et des cultures. Dès lors, la légitimité politique y est forcément multiple et propre au caractère de chaque Nation, ce qui rend impossible toutes velléités d’intégration fédéraliste. Toute tentative d’unité politique européenne est condamnée à l’échec car toute politique qui tenterait de s’affranchir de la Nation -c'est-à-dire du socle véritable des réalités- ne peut être pérennisé face à des peuples rejetant une autorité illégitime car contraire aux intérêts des Nations. Tous les exemples historiques prouvent que l’on ne construit rien de durable autour de reflexes impérialistes et de crispations autoritaires.

Les boucs-émissaires.

Dès lors, comment ne pas voir le mensonge et la très grande lâcheté qu’il y a chez nos hommes politiques à accuser « les spéculateurs internationaux » d’être les uniques responsables de cette crise. Que les spéculateurs spéculent sur la hausse ou la baisse, sur le bon fonctionnement ou l’effondrement, cela n’a rien d’anormale (immorale peut-être, mais en tout cas pas plus) ; en revanche, ce qui est condamnable et dangereux c’est que les politiques ne s’occupent plus de faire de la politique, c'est-à-dire de poser des barrières et des limites aux comportements particuliers afin de protéger l’intérêt général. Car cette crise que nous traversons depuis longtemps maintenant n’est pas une crise économique ou financière, c’est surtout et avant tout une crise de la politique et du politique : à force de ne plus gouverner, à force de remettre leur pouvoir à des organisations supra-nationales, les hommes politiques se trouvent incapable de protéger leur peuple.

Ce drame c’est celui de la construction européenne actuelle et de sa monnaie, c’est celui d’un monde qui ne reconnait ni frontière ni Nation, celui dans lequel les Gouvernants se bornent à constater, à communiquer et à adopter des postures masquant la véritable imposture.

L’heure du choix

Dès lors, et confronté à un problème grave et profond, il convient de réfléchir sans entraves, d’agir avec audace. Contrairement à ce que disent les tenants de l’Union Européenne actuelle, l’alternative existe, et sortir de l’Euro n’est pas sortir de l’Histoire ou se condamner à mourir économiquement : l’Angleterre n’est pas dans l’Euro mais semble belle et bien dans l’Histoire, pas plus d’ailleurs que le Japon ou le Mexique ne sont pas ruinés. Malgré ce que prétendent les mêmes qui nous plongés dans cette crise, n’y a pas de fatalité à cette construction, le choix existe, il ne manque que le courage et la volonté politique pour l’entreprendre. Nous pouvons soit faire le constat de l’échec, ou alors, s’entêter dans la voie suivie.

L’entêtement, c’est le souhait de toujours plus d’Europe afin de mettre sur pied « une souveraineté politique communautaire ». C’est, dans l’affaire qui nous intéresse, accepter de voir nos budgets contrôlés, ou réécrits, la Commission de Bruxelles, admettre de ne plus être que chambre d’enregistrement de décisions arrêtées par une nomenclature apatride et inconnue. Or, comme la légitimité politique ne se décrète pas, une telle solution passe immanquablement par le recours à une dictature, c'est-à-dire, la fin du droit des Peuples à vivre selon leur identité, la mort des Nations européennes et de leur génie.

Le constat d’échec serait au contraire le sursaut salutaire et salvateur. Il reviendrait à faire triompher les réalités et les Nations en acceptant l’idée que si des coopérations transfrontalières sont souhaitables et nécessaires, seuls les Etats Souverains sont à même de définir leur politique et d’écrire l’Histoire. Cela reviendrait ainsi, et en ce qui nous concerne, à sortir de l’Euro afin de retrouver la maîtrise de notre destin de Peuple.

 

Cet article constitue la version intégrale de l’article paru dans  

 « Les 4 VERITES » du  Vendredi 4 juin 2010

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Articles-Débats
Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /Fév /2008 14:16

Libres Propos,
Publiés dans Rassembler la France (fev 07)

Jacques Attali, un des trop nombreux ressuscités par la présidence Sarkozy dans le but de combler l’inaction par la gesticulation, vient donc de rendre son fameux rapport! Pour cela l’auteur nous gratifie d’un empilement de mesures prétendument cohérentes, de fausses questions et de mauvaises réponses, au premier rang desquelles la suppression des départements.

Supprimer les départements ! Quelle drôle de priorité pour un Gouvernement prétendument dynamique, courageux, et performant ! Il est vrai que, Régions, Départements, Communes, et, maintenant, Regroupements Intercommunaux (même s’ils n’ont pas encore le statut de Collectivité Territoriale), sans parler de l’Europe représentent, sans doute, une trop grande accumulation de structures, de responsabilités et de dépenses qu’il convient de simplifier. Aussi, admettons, avec le rédacteur, que la réduction du nombre d’échelons doit se réaliser au niveau des régions et des départements. La commune demeure l’entité locale de rattachement du citoyen par excellence, c’est une collectivité qui marche bien, et, qu’historiquement, son rôle est ancien ; le regroupement intercommunal est, lui aussi, appelé à devenir la base d’un travail global, de cohésion, et, d’aménagement du territoire, considérable.

Pourtant, et c’est là que le rapporteur se trompe, dire que du département et de la région, deux ne doivent plus faire qu’un ne signifie en aucun cas qu’il faille prendre un gros feutre noir pour rayer la mention inutile. Car, à la vérité, la préoccupation de simplification devrait conduire à un effort légitime de cohérence. Nous ne sommes plus à l’époque de la Révolution française, et, les ternes successeurs de l’Abbé de Sieyès n’ont plus besoin de scinder, artificiellement, le Territoire de la République en entités géographiques, mathématiquement découpées, dans le but de mettre un terme à l’esprit et à l’âme des Provinces d’Ancien Régime.

Au contraire !

Ce dont manque l’organisation de notre pays et l’aménagement de son territoire c’est justement de cohérence dans la définition de ce niveau local. Le bon échelon n’est pas celui qui se

décrète à Paris, depuis un fauteuil certes confortable de tel ou tel Ministère, le bon échelon est celui qui s’inscrit dans l’expression d’une réalité géographique, culturelle, économique, sociale, historique et, plus généralement humaine.

Oui, en effet, supprimer les deux départements de Haute-Corse et de Corse du Sud pour ne garder que la Corse trouverait tout à fait son sens. Mais, à titre d’exemple, ce ne serait pas le cas en Rhône-Alpes : la Savoie devrait bénéficier d’un tel réaménagement pour prendre corps au sein d’une seule entité, qui lui soit propre. En PACA -région tellement artificielle que l’on ne la désigne que par des initiales-, on ne peut envisager de faire cohabiter deux des cinq plus grandes villes de France dans une entité unique qui deviendrait le seul échelon entre d’une part la commune, et, de l’autre la capitale : la solution est, ici aussi, de s’adapter, en donnant enfin  vie à l’entité tant réclamée des Alpes, distincte de la Provence…

Sans doute, la France fourmille-t-elle d’exemples comme ceux là, exemples dans lesquels les réalités devraient prendre le pas sur une vision dogmatique, bureaucratique, et donc, forcément stérilisante.

L’intérêt autour de cet enjeu ne s’arrête évidement pas là. Le véritable débat celui que, on se garde bien d’aborder, c’est la forme à donner à cette future entité politique unique : quelle mode de scrutin faudrait-il conserver ?

Le mode d’élection conditionnera, bien plus que le nom qu’on lui donnera, la légitimité de l’assemblée élue, et, par là même, elle en définira, si ce n’est les attributions, au moins la façon d’aborder cet échelon de la vie locale, son fonctionnement et son rapport au citoyen. Il est évident qu’un hémicycle élu sur un scrutin de liste, à la proportionnelle, serait plus représentatif des diversités politiques, mais moins en contact avec les réalités locales. Par contre, le système en vigueur pour les élections cantonales, s’il a l’inconvénient de limiter la diversité politique, par le phénomène du scrutin uninominal à deux tours, permet, de porter la parole des zones les plus reculées, de faire de la politique de proximité, dans son acceptation la plus concrète, et non comme formule creuse, ou, comme outil de propagande électoraliste. Dans ce cadre, ce dernier mode de scrutin, souvent décrié, car, inique lorsque l’on parle des élections législatives, puisque privant nombre de courants importants de notre pays d’élus dans ce qu'il est convenu d’appeler la prétendue Représentation Nationale, trouverait sans doute une forte utilité.

La conclusion de cet énième épisode devrait nous conduire à méditer sur la force des bureaucrates entres les mains desquels nous avons eu le tort de confier notre destin politique.

Car, en réalité, dans cette affaire, une proposition inopportune, ne répondant à aucune urgence, à aucune attente, à aucune réalité, abordant un problème de façon partiale et partielle permet à la présidence Sarkozy de maintenir la France en émoi autour d’un vaste RIEN !

La seule question qui devrait demeurer, dans l’esprit de tout bon citoyen, après la lecture du rapport Attali, semble être : combien de temps, encore, les apparences suffiront-elles à masquer les errances, les fautes voir les coups de force de l’actuel locataire de l’Elysée ?

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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