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Brèves

Publié dans : Brèves
Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 14:17

« Philippe SEGUIN est mort ? Chic alors, on va enfin pouvoir lui faire dire n’importe quoi ! »

 

Tel est en substance le sens qu’il convient de donner à l’unanime concert de louange qui a succédé à l’annonce du décès du Président de la Cour des Comptes. En effet, maintenant que cet homme intègre ne risque pas de faire entendre sa voix discordante, de se défendre, de rectifier les approximations et les contres vérités que s’évertue à claironner tout notre personnel politique, ils peuvent le dire, tous étaient d’accord avec lui.

 

Lui qui ? Mais peu importe voyons, puisqu’il est mort !

 

Mais non, mais non ; il n’était pas gaulliste social ; mais non, il ne s’est jamais opposé à la construction européenne, pas plus d’ailleurs qu’à la dérive des finances de la France ou la perte d’autorité de l’Etat ; jamais !

 

Non les morts ne sont plus des rebelles, ce sont des gens très neutres -pour ne pas dire transparents-, auquel le monde politiquement correct rend hommage afin de tenter de récupérer un certain capital de sympathie. Et qu’importe si pour cela il convient d’ôter au personnage son authentique caractère de résistant qui faisait pourtant sa qualité, son originalité et son charisme: ce n’est pas de la mémoire de Philippe Seguin dont-il est question dans tous ces éloges convenus mais bien de la récupération d’une image.

 

L’homme n’est pas le premier à qui la mésaventure arrive ; son maître à penser, le Général de Gaulle, a lui aussi connu pareille mésaventure. En effet, aujourd’hui tout homme politique, de quelque bord qu’il soit, prétendu gaulliste ou non, célèbre la mémoire du fondateur de la V République, de celui qui lança l’Appel du 18 juin… Pourtant, chacun sait bien qu’aucun de ceux là ne respectent l’enseignement du Général. Ainsi, l’indépendance de la Nation a été abandonnée à l’ONU, l’Otan et l’UE ; le sens de l’honneur relégué au rang des valeurs désuètes et la « certaine idée de la France », si chère à Philippe Séguin, a laissé place au triptyque des nouveaux dirigeants : apparence, décadence et ignorance.

 

J’exagère ?

 

Loin de là : ainsi, lorsque le Gouvernement, à l’occasion des cérémonies commémoratives du 11 Novembre, en appelle à l’œuvre de Charles de Gaulle comme fondatrice de la construction européenne actuelle, qui peut sincèrement penser que si celui-ci avait été de ce monde il n’aurait pas contesté cette version faussée de l’Histoire ?

 

Oui mais de Gaulle et Seguin sont maintenant morts ; qui viendra dès lors contester les nouvelles pythies d’une religion bien sombre, celle du renoncement national ?

 

A moins que : "Puisque tout recommence toujours, ce qu’ils ont fait sera, tôt ou tard, source d'ardeurs nouvelles".

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Brèves
Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 17:58

 

« Dominique de Villepin doit participer au débat de la majorité mais sans porter atteinte à l’objectif d’Union. Il n’y a pas d’alternative à la Majorité. On est membre d’une majorité ou on ne l’ait pas » vient de déclarer en substance le Ministre de l’Agriculture, Bruno Lemaire, au sujet de l’ancien Premier Ministre.

Cette phrase a, à mon sens, quelque chose de particulièrement choquant dans sa formulation même : la menace est à peine voilée. Il faut être dans le rang ou accepter de disparaitre, de se voir ostracisé, malmené, humilié… traduit en Justice !

Comment peut-on inviter quelqu’un à débattre tout en lui expliquant aussitôt qu’il ne pourra donner son avis qu’à la condition d’être d’accord avec tout le monde ? Car là est bien l’objectif : quelle est donc cette prétendue « UNION » à laquelle chacun devrait tout sacrifier, idées, valeurs, convictions, honneurs…

La politique cela ne doit pas être une question de postes, de prébendes, de « petites amitiés entre petits copains » ; un parti politique ce n’est pas, dans mon esprit, une machine à gagner coute que coute, quitte à raconter tout et n’importe quoi. Cette façon de faire de la politique sans conviction, de se vendre au plus offrant, de se prostituer pour le plus petit bout de lard, d’être là où l’intérêt nous mène, de naviguer au gré des sondages et des études d’opinions, de ne pas faire ce que l’on croit juste mais ce que l’on juge prudent… cet ensemble de bassesses tue la politique et le politique ; je le dis comme je le pense, elle n’est pas digne d’élus de la France.  

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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Publié dans : Brèves
Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 16:05

La République Tchèque vient donc de signer le Traité de Lisbonne : plus rien ne s’oppose à l’entrée en vigueur de ce texte scélérat, ultime violation de la Souveraineté Nationale qui en 2005, en France, avait rejeté le Traité Constitutionnel Européen et ses dispositions.

 

Victoire des fédéralistes certes, mais victoire à la Pyrrhus.  

 

En effet, comment ne pas voir que la Résistance du Président Klaus a permis de faire plier le dogme communautaire devant l’intérêt supérieur de la nation tchèque. De même que les irlandais ont réussi à faire valoir leurs intérêts propres, les tchèques sont parvenus à obtenir une exception nationale face aux velléités de globalisation des européistes.

 

Dès lors, le Traité de Lisbonne, loin de consacrer l’Europe nouvelle et rêvée  par les héritiers de Monet et Schuman, marque en réalité la résurgence des  Nations, leur survie sur la scène internationale. Ainsi, ceux qui, trop vite, par idéologie pure ou par renoncement avaient annoncé haut et fort la mort programmée de la Nation devront sans doute accepter la tenace réalité des faits : les nations qui ne veulent pas mourir ont les moyens et la force de survivre, elles, et seulement elles, ont encore un avenir.

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Publié dans : Brèves
Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 08:14

Lu avant-hier dans le Figaro:

" Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a signé aujourd'hui un protocole entre son parti et le Parti communiste chinois (PCC) lors d'une visite en Chine par ailleurs axée sur l'environnement et la sortie de crise économique.

"Ce protocole veut dire une meilleure compréhension, une meilleure connaissance et beaucoup plus d'échanges" entre le parti communiste au pouvoir en Chine et le parti de droite au pouvoir en France, a déclaré Bertrand. "Cela veut dire, sur de nombreux sujets, par exemple sur l'environnement ou l'avenir de l'Europe, multiplier les échanges entre dirigeants mais aussi entre cadres et élus du parti".

UMP et PCC ont décidé que tous les deux ans, une fois en Chine, une fois en France, serait organisé "un événement qui donnerait un relief particulier à ce protocole", a annoncé Bertrand."

Où le "pragmatisme" des hommes politiques s'arrêtera-t-il donc?

Que la France possède des relations bilatérales avec la République Populaire de Chine, cela est tout à fait normal et même souhaitable. Nous sommes alors dans un cadre diplomatique régulier, entre deux Etats Souverains. Comme disait le Général de Gaulle, "avant d'être communiste, la Chine est là chine, c'est le poids des réalités". Mais que l'UMP, parti politique Français, aille conclure un protocole d'accord et d'échange avec les dirigeant communiste Chinois, cela est, à mon sens, le plus grand scandale de l'année.

Comment peut-on tolérer que les élus français aillent "prendre des cours" à Pékin, chez les disciples de Mao, les partisans de la Révolution culturelle.

Le communisme est, sans contestation possible, l'idéologie qui a fait le plus de mort durant le XX siècle (près de cent millions de morts). L'oublier c'est porter atteinte à la mémoire de ceux qui sont morts en URSS dans les goulags, durant la famine de 1932, durant les grandes purges staliniennes, au moment du dépeçage de la Pologne ou derrière le rideau de Fer en quête d'une liberté volée. C'est oublier aussi les laogais, la famine du "grand bon en avant" qui a elle seule ôta la vie de 36 millions de Chinois, la Révolution culturelle, la Corée du Nord, le Cambodge, Cuba ou encore l'Afghanistan.

Mais il serait faux de croire que l'histoire est close: chaque jour, la répression, l'exode forcée et la censure s'exercent sur un Peuple Chinois qui sait très bien q, pour lui, le mot "dictature" n'appartient pas au passé ! 

Que Nicolas SARKOZY voit dans le PCC quelques techniques importables en France ne me surprend malheureusement pas, mais je dis avec consternation à Philippe de Villiers: il ne servait à rien se mettre en disponibilité du Corps Préfectoral en mai 1981 pour ne pas servir François Mitterrand et d'aujourd'hui rejoindre l'UMP alliée au PCC. Sauf si tout cela n'était qu'une posture, et une imposture!

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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