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Lundi 28 mars 2011 1 28 /03 /Mars /2011 08:21

presidentielle-fillon-craint-le-risque-d-un-21-avril-pour-lAinsi donc François Fillon a-t-il profité de son intervention a l'occasion d'une rencontre « laboratoires d’excellence » pour faire part de sa conviction, pire, pour affirmer de façon péremptoire "sa vérité": ceux de nos concitoyens qui pensent que la France a un avenir en dehors de l'Union Européenne se leurrent et engagent la France sur une voie mortelle.

« "L'UE et l'Europe politique sont des évidences absolues. Face aux 7 milliards d'habitants que compte notre planète, l'isolement national n'a aucun sens. (Ceux qui disent) qu’il nous faut dégager de l'Union européenne et refermer nos frontières, il est clair qu'ils se trompent d'époque ». 

Trois constatations premières peuvent découler de la déclaration précitée: tout d'abord, au nom des principes républicains, le Premier Ministre use et abuse de sa fonction afin d’intervenir dans le débat électoral, ce qui me semble contraire à l’étique républicaine; ensuite il n'est pas inintéressant de constater  que c'est a l'occasion d'une intervention dans le domaine de la science et de la recherche que s'est exprimé le chef du Gouvernement, comme pour mieux appuyer sa charge contre les défenseurs de la Nation sur l’idée que cette  affirmation bénéficie d’une sorte de label « Scientifiquement prouvé »; enfin, et peut-être surtout, il pose comme un fait établi l'idée que l'UE soit une nécessité économique, politique et historique. Il ressort de ce constat que François Fillon considère l’Union Européenne comme « un fait établi, une loi biologique, l’expression du sens de l’Histoire ».

Il semble donc, malgré ce qu'affirment nos intellectuels "bien-pensants", que nous soyons en pleine tyrannie de la pensée. En effet, nous ne pouvons en rien contester l'Union Européenne et ses nuisances puisque celles-ci n’apparaissent plus comme les conséquences d’un choix politique mais comme une donnée intangible et incontestable... Or, on ne conteste pas une donnée, on apprend à vivre avec elle. Tel est en substance le message que veut nous faire passer le Premier Ministre: "Circulez pauvres gens, il n'y a rien à voir!"

Seul argument venu étayer ce raisonnement qui n'en est pas un, nous vivons aujourd’hui dans un monde de sept milliards d’êtres humains, avec des contraintes et des données nouvelles… Un peu court tout de même, surtout si l’on considère que depuis maintenant trente ans, nos dirigeants successifs, au nom des mêmes arguments, des mêmes analyses et des mêmes aspirations nous ont engagé dans une voie dont nous constatons chaque jour un peu plus l’inefficacité, la faiblesse… le fatalisme.

Face à une pente naturelle qui nous pousse vers l’affaiblissement des Nations, la dérégulation des marchés, la fin des frontières, la disparition des identités il n’existe que deux alternatives celle du renoncement et de la soumission que prônent nos élites, ou celle de la résistance, de l’affirmation de soi notamment grâce à l’affirmation de la Souveraineté Nationale, seule capable de répondre aux défis des temps nouveaux.

Les grandes Nations d’hier comme d’aujourd’hui sont celles qui n’ont pas renoncé à se battre.

 

Publié in Media France Libre

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 17:34

 election cantonales 956274742Vote de rejet, ainsi est qualifié l’excellent score de Marine Le Pen pronostiqué par les instituts de sondage.

 


Chacun comprend bien l’intérêt que revêt un tel qualificatif. D’une part, il minimise l’élément « réflexion » dans la détermination du vote FN (le rejet est alors identifié comme une réaction instinctive, épidermique). D’au­tre part, il laisse sous-entendre qu’il n’existerait aucun projet sociétal porté par la candidate, en dehors évidemment de la dénonciation des insuffisances actuelles (le rejet s’opposant ici à l’idée d’adhésion).



Bien évidemment le caractère partisan, pour ne pas dire militant, de telles affirmations ne fait aucun doute. Mais pire que d’être engagée, cette analyse apparaît, après une rapide analyse de la situation, totalement fausse, diamétralement opposée à la réalité des faits.

Tout d’abord, il est évident que, s’il existe dans le paysage politique français un vote de rejet, celui-ci s’illustre en premier lieu en faveur des candidats UMP et PS. Dans cette logique, il faut soutenir Strauss-Kahn afin de ne plus avoir Sarkozy, voter UMP pour empêcher la gauche de passer… Qu’est-ce d’ailleurs que la notion de « vote utile », si ce n’est la théorisation de ce vote de rejet au profit exclusif des deux grandes formations de gouvernement : « Bien que vous ne soyez d’accord sur rien avec moi, vous êtes astreints à m’accorder vos suffrages, sans quoi vous aurez l’autre » ?

En réalité, et depuis maintenant plusieurs décennies, les électeurs se prononcent bien souvent « par défaut », « contre » un tel, ou, « pour faire barrage à »…C’est sans doute ce qu’il conviendrait d’appeler la démocratie du désamour. Désamour entre le peuple et sa classe dirigeante, d’autant plus compréhensible que les différences entre l’UMP et le PS s’estompent. Certes, il existe toujours des désaccords de fond entre les deux partis, mais ceux-ci portent sur des sujets relativement mineurs, fort éloignés des préoccupations réelles et profondes des Français : tous sont mondialistes, tous ultralibéraux, tous atlantistes, tous européistes, tous défenseurs d’une immigration massive, tous partisans du multiculturalisme, tous promoteurs d’un État faible, c’est-à-dire incapable d’assurer la sécurité de ses propres citoyens.

Dès lors, comment ne pas voir qu’une candidature bâtie et portée au nom du drapeau tricolore revêt, pour bien des Français, un sens, des valeurs… et qu’elle est un programme à elle seule ?

Face à une société qui en vient à douter de son identité, face à une République dans laquelle on se demande si l’expression même de « chose publique » a encore du sens, face à un régime qui continue de se dire démocratique mais qui n’hésite pas à trahir le peuple au profit du dogme mondialiste, le mot de « nation » apparaît comme un cri de ralliement pour toute une partie du peuple français.

Oui, ce peuple-là rejette son oligarchie. Est-ce à dire qu’il ne veut rien ? Certainement pas.

Il est temps de rompre avec l’idée fausse – et franchement totalitaire – que seul ce système est viable, comme si une loi scientifique imposait à la France cette désagrégation de l’état-Nation. Les analystes qui n’ont jamais rien prévu, les journalistes partisans et les pseudo-intellectuels ont beau le nier, il n’y a pas de fatalité en la matière : cette politique-là n’est pas la politique de la France, elle ne fut pas la sienne durant près de 1 500 ans, comme elle n’est pas celle qui lui permettra de s’adapter aux réalités économi­ques modernes. Dans le monde dans lequel nous vivons, toutes les grandes nations protègent leur économie, maîtrisent leurs frontières, assument leur défense, garantissent leur sécurité, vivent leur identité.

Il existe aujourd’hui deux conceptions du monde qui s’affrontent : d’un côté des nations, de l’autre un espace économique ; d’un côté des peuples, de l’autre des consommateurs ; là des civilisations, ici des communautés.

Alors oui, c’est une évidence, le second tour des élections présidentielles devrait voir s’opposer Dominique Strauss-Kahn et Ma­rine Le Pen. Et qu’importe finalement si Dominique Strauss-Kahn n’est pas là, vous diront les soutiens de Marine Le Pen, quel que soit le nom du challenger, celui-là sera forcément un candidat de rejet… de rejet de l’idée nationale !

 

 

Article publié in "Les 4 vérités" du Mercredi 23 mars 

 

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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Mardi 1 mars 2011 2 01 /03 /Mars /2011 13:29

imagesCAZBNIM2 « Il ne faut s’interdire aucune piste »

 

C’est en tout cas ce que répètent à tout bout de champs nos élites politiques lorsqu’elles entendent préparer l’opinion publique à une décision franchement impopulaire. Pourtant, chacun sait bien qu’il existe en France des sujets tabous, des dogmes intouchables… des chemins interdits.

 

Ainsi, aborder la question de la sortie de l’Euro, du protectionnisme douanier, de la surveillance des frontières ou du patriotisme économique relève du blasphème, voire pire… Aucun débat de fond n’a lieu autour de ces idées qui n’ont pourtant rien de choquant et qui, des siècles durant, ont apporté la preuve de leur efficacité. Aujourd’hui, celles-ci sont bannies de notre monde où le dogme mondialiste et libre échangiste a pris le pas sur tout raisonnement cohérent.

 

Qu’importe d’ailleurs si ses principes nouveaux sur lesquels reposent les politiques publiques de nos gouvernants prouvent chaque jour leur inefficacité. Chacun constate que la machine « supranationale » se désintègre en même temps qu’elle avance, qu’elle s’emballe dans une course effrénée au toujours moins d’Etat, mais l’effondrement annoncé de l’édifice n’empêche pas ses brillants architectes de poursuivre leurs doctes invectives. Toujours dans le même sens ! Politiques, médias, grands patrons, syndicats, intellectuels tous semblent d’accord, entonnant d’un même cœur un fabuleux « hymne à la joie » dont on ne se permettrait de douter si…

 

Si tous ne refusaient pas de débattre, d’exposer leurs arguments, préférant sans cesse couper court à la conversation en expliquant avec un air supérieur que la solution est bien belle mais… irréaliste.

Passons rapidement sur le fait que l’argument a de quoi surprendre dans un monde où les principales puissances sont et demeureront des puissances protectionnistes, profondément nationales et totalement acquises à l’idée d’une guerre économique…  Or, l’histoire du XXème siècle nous a déjà montré ce qu’il advenait des conflits dans lesquels un seul des deux belligérants se prépare au combat.

 

Mais intéressons nous de plus près à la dictature des esprits qui s’exerce à ce sujet sur la société française. Car, force est de constater que tous ceux qui se risquent à contester le dogme officiel au grand jour sont traînés dans la boue, conspués en place publique, non plus au cri de « facho » comme il était de mode il y a quelques années encore, mais sous l’accusation « d’idiotie crasse et patente ». Certes les choses ne sont pas dites ainsi, mais on joue de caricatures, d’accumulations et de rapprochements douteux afin de suggérer une certaine lecture des chiffres. Ainsi, il n’y aurait que des sous-diplômés, incultes notoires, totalement étrangers à la véritable marche du monde, des « non-initiés » diraient certains, pour ne pas comprendre qu’il n’y a pas d’autres solutions : en bon régime totalitaire, notre système idéologique s’affirme comme « scientifiquement prouvé » et totalement irréfutable.

 

C’est alors qu’avec force sondages nous explique-t-on que c’est parmi les chômeurs, les classes populaires, les personnes ayant arrêté leurs études avant le baccalauréat, les agriculteurs et plus généralement les populations rurales (populations éloignées des lumières de la capitale et donc probablement analphabètes dans l’esprit de nombre de parisiens), les vieillards croulants et les zones sinistrées que se trouve le gros des opposants à l’euro et à l’immigration massive, les partisans du retour au protectionnisme et à l’Etat fort... Certes rien n’est dit, mais tout est sous-entendu ; certes la réalité est là, mais la lecture suggérée demeure sujette à caution… il y a un vote pour les gens biens et un autre pour les arriérés consanguins.

 

Qu’importe si la réalité est que ces chiffres prouvent que se sont en réalité nos compatriotes les plus vulnérables, et donc en première ligne lorsqu’il s’agit de ressentir les effets de politiques publiques inconscientes, qui sont les premiers à s’écarter du système.

 

Qu’importe aussi si tout prouve en réalité que les classes moyennes, les fonctionnaires, les enseignants et les commerçants, eux aussi confrontés à des difficultés nouvelles, ne se retrouvent plus dans les choix faits par nos dirigeants.

 

Qu’importe enfin, et peut-être surtout  si nombre de nos prétendues élites sont en fait tout à fait d’accord avec ces positions ; ce qui compte pour elles c’est de continuer à affirmer le dogme sur un ton péremptoire, sauvant ainsi les apparences vis-à-vis de la bonne société, outil servil d’une domination qui les dépasse.    

 

Le tout est que chacun soit persuadé que l’on ne peut raisonnablement concevoir les choses autrement.

 

Qui sait si « c’est l’arrogance des hommes qui tient le monde » ; ce dont on peut être certain en revanche c’est que l’arrogance des Français tient le système en place : arrogance de ceux qui veulent affirmer leur appartenance à une caste, arrogance de ceux qui veulent prouver que, malgré leur situation, ils font partie de ceux qui ont tout compris…

 

Mais qu’ont-ils compris au fait si ce n’est le goût du renoncement ?  

 

Article publié in Media-France libre et Rassembler la France

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 08:15

 Publié in "Cercle Jeune France".

 

1204-Lech-Kaczynski-DIl s’appelait Lech KACZYNSKI et incarnait à merveille la nation polonaise. Ce juriste féru d’histoire était incontestablement du bois dont on fait les authentiques patriotes : il avait su tirer du passé de son pays toute l’âme de l’identité polonaise, il avait dégagé des drames et des malheurs d’hier ce qu’il convient bien d’appeler « le génie » de ce peuple.

 

Véritable conservateur, il ne craignait pas d’être conspué par les biens pensants de la Communauté Internationale tous absorbés par le culte du Dieu modernité. Il faut dire que chez lui la morale n’était ni apparence ni faire valoir mais l’émanation d’une foi véritable et sincère, à l’image de celle qui anime toujours la Pologne. C’est que l’homme n’avait rien oublié : ni la naissance de son pays un certain 4 Avril 966 dans l’eau du baptême de Mieszko 1er, ni la résistance d’un peuple qui, deux cents ans durant, entre 1795 et 1989, avait survécu en opposant la prière à la torture, les processions aux coups de canons.

 

Marqué par une telle histoire, le Président de la République était à l’image de ces concitoyens : animé par un patriotisme fervent et militant. Défenseur intransigeant de la place de la Pologne dans les concerts des nations il entendait garantir le respect de sa souveraineté et de son indépendance en jouant l’équilibre des puissances, avec pragmatisme et ténacité.

 

Dès lors, comment concevoir le renforcement du nationalisme russe, lui qui savait que tsar ou bolchévique, de tout temps, Moscou avait convoité son proche voisin. Partagé tant et tant de fois au XVIIIe, XIXe siècle le pays demeurera pour toujours la victime de son tortionnaire, comment l’oublier ? Comment penser aussi que les mêmes causes n’entraineront pas demain les mêmes conséquences et que l’histoire ne se répète pas toujours ? Si elle n’est pas forcément juste, l’interrogation n’en demeure pas moins légitime car le martyre de l’Europe centrale en général, et de la Pologne en particulier, est une constante.

 

Atlantiste ? Certainement, et même si l’on peut le regretter comment ne pas l’être lorsque 50 ans durant, plongé dans le sombre quotidien du monde marxiste, les Etats Unis d’Amérique ont été votre phare et votre eldorado? Il était atlantiste comme tous ceux qui, dans cette partie du monde et au temps ou nous vivons, ont vu en Washington l’adversaire irréconciliable de Moscou, le vainqueur de la Guerre Froide et l’arbitre de la nouvelle donne internationale.

 

De même, comment ne pas voir la sagesse et l’expérience qui animait l’euro réalisme de cet opposant farouche à l’Europe de Bruxelles qui, plus que nous, voyait les choses telles qu’en elles même ; il constata que derrière « le couple franco-allemand », seule l’Allemagne et ses velléités dominatrices pointent le nez, que la France est trop engluée dans ses rêves pacifistes et humanistes pour constater le drame qui se joue devant elle.

 

Enfin comme tout ses concitoyens, il connaissait trop l’usage que peuvent faire les élites  illégitimes –qu’elles se nomment nomenclatures ou commissions- de la burocratie pour accepter sans mot dire de tomber sous la coupe de Bruxelles.

 

L’homme n’était pas un ultra-libéral, adversaire du capitalisme sauvage et de ce monde de l’argent roi, il avait gardé l’amour des champs. Cette tradition de la Nation polonaise qui, depuis ses premiers siècles, est particulièrement attachée à la terre, au travail de celle-ci, aux richesses qu’elle produit.

 

Lech KACZYNSKI était un grand Monsieur car il était un homme de mémoire, un de ces individus courageux qui n’accepte pas l’oubli et vive dans les réalités d’un monde façonné par nos identités. Jamais il n’a oublié Dieu et sa Patrie, les craintes qu’il nourrissait à l’égard de la Russie et sa méfiance vis-à-vis de l’Allemagne, le rêve américain et le respect de la terre.

 

Jamais non plus l’ancien militant de Solidarnosc n’a oublié le marxisme et sa dictature. S’il ne souhaitait pas tourner la page de cette époque c’est qu’il ne pouvait admettre que les délateurs, les traitres et les opportunistes d’hier qui avaient œuvré contre la Nation polonaise, coulaient aujourd’hui des jours heureux. Comment aurait-il en effet pu accepter qu’un demi-siècle après, les anciens officiers Nazis soient encore chassés, alors même que les dignitaires communistes seraient dédouanés de toute responsabilité : la Pologne plus que n’importe quel autre pays du monde sait qu’il n’y eut pas un totalitarisme meilleur que l’autre durant la Seconde Guerre Mondiale et que les crimes étaient partagés.

 

Homme de Mémoire donc dans chacun de ses combats. Devoir de Mémoire encore pour le souvenir des morts de Katyn, ces 5.000 soldats polonais, et les milliers d’autres noms qui y sont associés, morts sous les coups du stalinisme en martyres de la nation polonaise. C’est à Katyn que Lech KACZYNSKI a trouvé la mort ; on meurt comme on a vécu, il est mort au milieu des héros, une race qui ne lui était sans doute pas étrangère.

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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