"Qui suis je".
Nice-Matin, le 25 Mars 2006.
Est-il nécessaire de préciser aujourd’hui l’état du chômage chez les jeunes et le facteur de désespoir que celui-ci représente : 23 %
des jeunes sont aujourd’hui sans emploi, le chiffre monte à 40 % pour ceux qui ne bénéficient pas d’un diplôme et jusqu’à 50 % pour ceux issus des zones dites sensibles, et ce sans tenir compte
des emplois intérimaires, des stages non rémunérés... L’essentiel est là, la précarité et le pessimisme y trouvent ici toutes leurs sources.
De ce constat affligeant naît nécessairement l’idée d’une réforme ambitieuse du Droit du Travail, et avec elle, la volonté de mettre en œuvre un contrat permettant la prise en compte de ces
réalités. C’est le sens du Contrat Nouvel Embauche dont le succès est sans appel : 280.000 emplois créés, dont 95.000 qui n’auraient pu l’être sans ce nouvel outil, et ce, pour seulement dix
pourcents de rupture. C’est aussi le sens du Contrat Première Embauche.
Il s’agit alors tout à la fois de permettre une première expérience en entreprise, doublée d’un accès à la formation professionnelle, tout en permettant à des jeunes d’être titulaires d’un CDI,
avec toutes les protections juridiques qui en découlent (droits aux congés maternités notamment). En effet, le Contrat Première Embauche est un CDI et est considéré comme tel par les Banques et
les Instituts de Prêt. De plus, il est assorti d’avantages considérables et inédits en matière de droit à la formation, d’indemnités de rupture et d’allocations forfaitaires… Il permet aussi
d’accéder dans de meilleurs conditions à la location immobilière grâce au système dit ‘‘Locapass’’.
Bien sur, des améliorations sont toujours souhaitables : il s’agirait notamment d’axer la réflexion sur le renforcement du CPE comme lien entre le monde de l’enseignement et celui de
l’entreprise. En tout cas l’idée de ramener la période d’essai au dessous de dix-huit mois semble dangereuse, dans de telles conditions, il ne pourrait y avoir de véritable lisibilité sur
l’apport du nouvel employé à l’entreprise. La véritable précarité ce n’est pas les deux ans de consolidation mais c’est le fait qu’avec le système actuel un Français qui rentre aujourd’hui dans
le monde professionnel va mettre entre huit et onze ans pour trouver un emploi stable.
A l’heure où des minorités agissantes tentent d’imposer une vision sclérosée de la société, c’est avec gravité et résolution que le devoir de tous est d’apporter son soutien à cette réforme
ambitieuse, pour les jeunes, pour l’emploi et pour la France.