Qui suis-je

undefined


"Qui suis je".

M'écrire

Catégories

Recommander

Syndication

  • Flux RSS des articles
Publié dans : Articles-Débats
Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /2008 14:16

Libres Propos,
Publiés dans Rassembler la France (fev 07)

Jacques Attali, un des trop nombreux ressuscités par la présidence Sarkozy dans le but de combler l’inaction par la gesticulation, vient donc de rendre son fameux rapport! Pour cela l’auteur nous gratifie d’un empilement de mesures prétendument cohérentes, de fausses questions et de mauvaises réponses, au premier rang desquelles la suppression des départements.

Supprimer les départements ! Quelle drôle de priorité pour un Gouvernement prétendument dynamique, courageux, et performant ! Il est vrai que, Régions, Départements, Communes, et, maintenant, Regroupements Intercommunaux (même s’ils n’ont pas encore le statut de Collectivité Territoriale), sans parler de l’Europe représentent, sans doute, une trop grande accumulation de structures, de responsabilités et de dépenses qu’il convient de simplifier. Aussi, admettons, avec le rédacteur, que la réduction du nombre d’échelons doit se réaliser au niveau des régions et des départements. La commune demeure l’entité locale de rattachement du citoyen par excellence, c’est une collectivité qui marche bien, et, qu’historiquement, son rôle est ancien ; le regroupement intercommunal est, lui aussi, appelé à devenir la base d’un travail global, de cohésion, et, d’aménagement du territoire, considérable.

Pourtant, et c’est là que le rapporteur se trompe, dire que du département et de la région, deux ne doivent plus faire qu’un ne signifie en aucun cas qu’il faille prendre un gros feutre noir pour rayer la mention inutile. Car, à la vérité, la préoccupation de simplification devrait conduire à un effort légitime de cohérence. Nous ne sommes plus à l’époque de la Révolution française, et, les ternes successeurs de l’Abbé de Sieyès n’ont plus besoin de scinder, artificiellement, le Territoire de la République en entités géographiques, mathématiquement découpées, dans le but de mettre un terme à l’esprit et à l’âme des Provinces d’Ancien Régime.

Au contraire !

Ce dont manque l’organisation de notre pays et l’aménagement de son territoire c’est justement de cohérence dans la définition de ce niveau local. Le bon échelon n’est pas celui qui se

décrète à Paris, depuis un fauteuil certes confortable de tel ou tel Ministère, le bon échelon est celui qui s’inscrit dans l’expression d’une réalité géographique, culturelle, économique, sociale, historique et, plus généralement humaine.

Oui, en effet, supprimer les deux départements de Haute-Corse et de Corse du Sud pour ne garder que la Corse trouverait tout à fait son sens. Mais, à titre d’exemple, ce ne serait pas le cas en Rhône-Alpes : la Savoie devrait bénéficier d’un tel réaménagement pour prendre corps au sein d’une seule entité, qui lui soit propre. En PACA -région tellement artificielle que l’on ne la désigne que par des initiales-, on ne peut envisager de faire cohabiter deux des cinq plus grandes villes de France dans une entité unique qui deviendrait le seul échelon entre d’une part la commune, et, de l’autre la capitale : la solution est, ici aussi, de s’adapter, en donnant enfin  vie à l’entité tant réclamée des Alpes, distincte de la Provence…

Sans doute, la France fourmille-t-elle d’exemples comme ceux là, exemples dans lesquels les réalités devraient prendre le pas sur une vision dogmatique, bureaucratique, et donc, forcément stérilisante.

L’intérêt autour de cet enjeu ne s’arrête évidement pas là. Le véritable débat celui que, on se garde bien d’aborder, c’est la forme à donner à cette future entité politique unique : quelle mode de scrutin faudrait-il conserver ?

Le mode d’élection conditionnera, bien plus que le nom qu’on lui donnera, la légitimité de l’assemblée élue, et, par là même, elle en définira, si ce n’est les attributions, au moins la façon d’aborder cet échelon de la vie locale, son fonctionnement et son rapport au citoyen. Il est évident qu’un hémicycle élu sur un scrutin de liste, à la proportionnelle, serait plus représentatif des diversités politiques, mais moins en contact avec les réalités locales. Par contre, le système en vigueur pour les élections cantonales, s’il a l’inconvénient de limiter la diversité politique, par le phénomène du scrutin uninominal à deux tours, permet, de porter la parole des zones les plus reculées, de faire de la politique de proximité, dans son acceptation la plus concrète, et non comme formule creuse, ou, comme outil de propagande électoraliste. Dans ce cadre, ce dernier mode de scrutin, souvent décrié, car, inique lorsque l’on parle des élections législatives, puisque privant nombre de courants importants de notre pays d’élus dans ce qu'il est convenu d’appeler la prétendue Représentation Nationale, trouverait sans doute une forte utilité.

La conclusion de cet énième épisode devrait nous conduire à méditer sur la force des bureaucrates entres les mains desquels nous avons eu le tort de confier notre destin politique.

Car, en réalité, dans cette affaire, une proposition inopportune, ne répondant à aucune urgence, à aucune attente, à aucune réalité, abordant un problème de façon partiale et partielle permet à la présidence Sarkozy de maintenir la France en émoi autour d’un vaste RIEN !

La seule question qui devrait demeurer, dans l’esprit de tout bon citoyen, après la lecture du rapport Attali, semble être : combien de temps, encore, les apparences suffiront-elles à masquer les errances, les fautes voir les coups de force de l’actuel locataire de l’Elysée ?

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
Ecrire un commentaire - Recommander
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés