"Qui suis je".
Lettre ouverte à tous ceux qui attendent l'aurore
Le millésime 2009 des élections européennes aura eu, pour ce qui est du courant national et souverainiste, des conséquences tragiques: perte de crédibilité, perte d'électeurs, perte d'élus, mais aussi, perte d'illusions. Dans ce contexte, la récente décision de Philippe de Villiers de faire allégeance à Nicolas Sarkozy en intégrant le comité de liaison de l'UMP n'est sans doute pas la nouvelle dont nous ayons le plus à nous plaindre: quand les masques tombent, la vérité apparaît au grand jour !
Depuis dix ans, avec la victoire des listes Pasqua-Villiers-Garaut sur la liste RPR de Nicolas Sarkozy,
puis grâce au succès du NON au référendum sur la Constitution Européenne, nombreux sont ceux qui ont espéré bâtir un mouvement solide et cohérent en faveur de la France, son indépendance et sa
grandeur. Pourtant, une décennie s'est écoulée et rien n'a changé: c'est toujours la même stupéfaction, la même incrédulité lorsque, à l'approche de chaque scrutin, nous nous trouvons confrontés
à l'attitude de nos « Chefs ».
Qu'il s'agisse des un ou des autres, sans exclusive ni faveur, tous, par leurs divisions stériles, nous
trahissent et nous assassinent.
Chacun à son tour constate désabusé que « La France du Non est absente de la scène politico-médiatique ! ».
Chacun de son côté prétend incarner ce courant, alors que nous contemplons abasourdis leurs échecs
répétés. Parfois, on croirait voir un impuissant physique constatant, presque étonné, que « ça ne marche pas »; mais savent-ils seulement que jamais un eunuque ne fait grimper
une femme au rideau.
L'incapacité est un défaut, mais l'incapacité d'un orgueilleux est une faute. Or, parmi ces hommes
politiques qui prétendent nous diriger, dont pas un seul n'est capable d'offrir au pays une véritable chance de redressement et au Peuple une occasion de se rassembler, quel est celui qui puisse
sincèrement arguer qu'il a agi au service de notre cause, et non, par narcissisme égocentrique.
Plus attentif au devenir de leur chapelle qu'au culte que l'on y professe, tous ont contribué, la
fleur au fusil, à notre division sur la scène politico-médiatique, si bien qu'aujourd'hui, les souverainistes et les nationaux apparaissent chaque fois plus ridicules, anecdotiques et
résiduels.
Est-ce à dire pour autant que le juste combat politique nécessite forcément un chef
altruiste?
De Gaulle disait « Primum omnium salus Patriae »[1].
Napoléon III, pourtant Empereur déchu, garda cette noblesse d'âme propre aux patriotes véritables dont
le sort importe moins que l'avenir de la Nation. Ainsi, alors qu'on lui propose de restaurer l'Empire à la faveur d'un coup de force arrangé avec l'adversaire Prussien contre le Gouvernement
Provisoire, il décline car: « Il ne faut rien dire ni faire qui puisse nuire, dans un intérêt dynastique, à la Défense Nationale ».
La France qui rassemble, la France qui regroupe, par delà même les clivages et les tendances, la France
forte et éternelle, chère à Charles Peguy. « Tout ce qui élève unit » a dit le grand écrivain, et nous qui nous prétendons ses élèves, nous voici rampant dans la boue
nauséabonde d'escarmouches politiciennes puériles.
Comment dès lors imaginer que l’un de ces ténors d’opérette puissent un jour apparaître comme l'Homme
Providentiel dont la France et les français ont tant besoin ? Car c'est bien de lui, et de lui seul que viendra un jour le Salut du pays. C'est lui, et lui seul qui nous rassemblera,
naturellement, sans compromission, alliance ni trahison...
En attendant cet homme la - et comment douter après Clovis, Charles Martel, Jeanne d'Arc, Richelieu et Napoléon qu'un tel personnage existe -, loin des dirigeants cupides, les patriotes sincères, ces braves gens qui continuent à croire en notre Nation, ne doivent pas faiblir. Aujourd’hui plus que jamais, il nous faut travailler, chacun à notre place, pour dégager les bases d'une politique vraiment française, afin d'être prêt lorsque le Destin rappellera autour de la France tout ceux qui n'ont pas renoncé.
[1] « Avant tout le salut de la Patrie ».