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Publié dans : Positions
Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 18:42

Agriculture… Si le désastre français et la faillite du politique de notre époque devaient un jour être résumés, c’est bien le domaine de l’Agriculture qui synthétiserait le mieux la chose. Responsabilité du Ministre de l’Agriculture et de la myriade de fonctionnaires qui lui sont attachés, responsabilité aussi de l’Union Européenne et de sa détestable Politique Agricole Commune, responsabilité enfin de l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture ainsi que de la mondialisation généralisée des échanges… finalement peu nous importe car le constat est là et bien là.

 

En deux ans, le revenu des agriculteurs a baissé de plus de 47 % (-20% en 2008 et -34% en 2009) dans une indifférence quasi-généralisée et chaque année, notre pays compte de moins en moins d’exploitations.

 

Nous avons choisi de bâtir un monde dans lequel la notion même de frontière est condamnable et condamnée, un monde dans lequel les marchandises circulent indépendamment de leur provenance… Dans notre délire mégalomaniaque de bâtir un système plus grand et plus vaste que tout ce qui avait pu être fait auparavant, nous en avions oublié que toute action à des conséquences : perte des emplois directement ou indirectement liés aux secteurs primaires, effondrement de l’économie de certaines régions fortement rurales, atteintes portées à l’environnement du fait de la multiplication des transports…      

 

Mais tout ceci n’est que la partie visible de l’Iceberg car cette situation dramatique témoigne en réalité d’une problématique bien plus lourde, qui pose à notre société des questions quant à son identité, son devenir et son existence même.

 

Afin de répondre à celles-ci il convient d’avoir un pouvoir politique fort, ancré sur une réalité populaire et capable de prendre une décision lourde de sens, qui engage pour l’avenir. Dès lors, c’est bien d’un choix de société qu’il s’agit : entre une société attachée à sa terre ainsi qu’à ses réalités et une société perdue dans une fuite en avant effrénée, aveuglée par l’idée d’un modernisme triomphant ; entre un pays sans valeurs, sans âme et sans cohérence territoriale et un empire mondialiste, apatride et décadent au service de la construction d’un « homme nouveau ».

 

Le choix existe, et il appartient à ceux qui ne renoncent pas.

 

« Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée.
Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres.
Les autres pas me font rentrer sur terre.
Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique.
Et puis regarde! Tu vois  là-bas, les champs de blé?
Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile.
Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste!
Mais tu as des cheveux couleur d'or.
Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé!
Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi.
Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... »
 
                                          Le petit Prince, 
                   Antoine de Saint Exupery
Par Gaël Nofri - Voir les 2 commentaires
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