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Publié dans : Revue de presse
Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /2010 07:56

L’idée de supprimer l’enseignement de l’Histoire Géographie en classe de Terminale Scientifique est une intention grave, et lourde de signification pour celles et ceux qui demeurent attachés à un certain nombre de valeurs, à une certaine idée de la France.


Aborder la question de l’Histoire-Géographie en classe de Terminale Scientifique c’est s’attaquer à un sujet bien plus grave que la simple suppression de cours de culture générale ou à l’organisation des épreuves du baccalauréat. Il y a dans cet enjeu quelque chose de fondamental, au sens premier du terme.

 En effet, l’Histoire comme la Géographie sont aux fondements même de notre construction intellectuelle, politique oserai-je dire. Car l’un comme l’autre ont pour vocation de transformer l’homme, de l’élever. Toutes deux contribuent à faire d’un simple individu un citoyen, c'est-à-dire, avant tout, un individu situé dans le temps et dans l’espace. C’est là, ainsi doté d’un contexte, d’un héritage, d’une âme et d’un génie forgé au cours des siècles que notre être prend toute sa place, qu’il se réalise pleinement. Cette identité ainsi acquise se retrouve toute entière contenue dans l’appartenance du citoyen à la Nation.

 Celle-ci doit être ainsi considérée comme la construction la plus aboutie, la plus forte, la plus spécifique de notre identité. En 1500 ans d’existence, l’idée France, a été à la fois l’héritage qu’il convenait de perpétuer, le combat qu’il fallait mener, le trésor que l’on devait transmettre...

 Ernest Renan disait : «Ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir.»

 Aujourd’hui plus que jamais notre Nation est en danger. Et c’est moins à l’Europe, l’OTAN, la mondialisation, l’immigration ou la faiblesse du pouvoir qu'à l’absence de sentiment d’appartenance nationale que nous devons ce danger. La première des décadences, la plus graves des folies, est celle d’un Peuple qui renonce de lui-même à exister.

 Depuis plusieurs années la détérioration des programmes d’enseignement, la volonté d’enseigner une Histoire Universelle et donc édulcorée, la nouvelle pédagogie qui coupe les élèves des bases dès les petites classes, l’objectif 80% de bacheliers sur une classe d’âge qui conduit à abaisser les niveaux d’enseignement(…) sont à l’œuvre. Les dégâts déjà perceptibles sur une grande partie de la jeunesse sont immense : les nouvelles générations ne connaissent plus leur héritage, ils ne se sentent plus responsables de la Nation, ils ne croient plus en son existence… ils l’ont décidé, le citoyen doit redevenir individu, et l’individu de demain sera bête à consommer.

 A ce jeu là, l’Histoire, comme d’ailleurs la Géographie, seront donc sacrifiés sur l’autel du veau d’or. Dans ces conditions comment s’étonner de la proposition de faire diminuer encore un peu plus l’importance de ces matières dans les classes scientifiques : après avoir parqué les « Ã©lites Â» loin des lettres (autre force de l’identité française), voici maintenant que l’on veut y supprimer ces matières. Chacun le sait et ce n’est un mystère pour personne : le poisson pourrit pas la tête !

Publié in Jeune France.

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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Commentaires

ne faut pas être passé par les filières scientifique ou technique pour penser qu'il ne faut pas alléger le programme
Si les notions que vous défendez n'ont pas été acquises avant ce n'est plus en terminale où la somme de connaissance à acquérir est phénoménale que ça se fera
Ce sera toujours une matière parasite et donc surement pas avec un niveau d disponibilité intellectuelle suffisante

il y a forcément un goufre entre les filières intellectuelles et scientifiques
Commentaire n°1 posté par christian le 15/01/2010 à 11h02

Au contraire, mon avis est celui d'un ancien élève de classe scientifique. Il ne faut pas dire n'importe quoi non plus: la terminale scientifique n'est pas une classe dans laquelle les élèves sont surchargés, la vérité c'est que l'on a trop pris l'habitude de faire peu et qu’aujourd’hui tout le monde est réfractaire au moindre effort. Ce n'est pas ainsi que l'on va pouvoir assurer l'avenir de la Nation et de la République. 

Quant au gouffre entres scientifiques et littéraires (les scientifiques étant eux aussi des intellectuels!) il convient de prendre les choses pour ce qu'elles sont: ce n'est pas le baccalauréat qui forme un scientifique ou un lettré, dès lors, même différenciées, les deux formations doivent demeurées animés par un esprit commun: celui de former avant tout des hommes qui seront demain des citoyens.

Réponse de Gaël Nofri le 15/01/2010 à 18h06
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