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Publié dans : Articles-Débats
Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 18:52

imagesCA6Z432UOn peut penser ce que l’on veut de l’énergie nucléaire, de son utilisation civile et des risques qui y sont liés. Certains diront qu’en l’état actuel des choses il s’agit d’une technologie nécessaire et du meilleur compromis acceptable, d’autres qu’il existe un danger véritable dans cette affaire et qu’il est impératif de la contrôler, enfin quelques uns feront valoir qu’il convient de développer la recherche sur les énergies renouvelable et la fusion nucléaire afin de bâtir le futur sur des technologies alternatives... Tout cela est vrai.

 
Mais, ce qui est tout aussi vrai c’est que, grâce à sa maîtrise et sa connaissance du nucléaire, la France propose le réseau électrique le plus développé et l’énergie la moins chère du continent européen. Cette excellence découle en réalité d’un choix stratégique bien connu -celui de l’indépendance énergétique-, mais aussi d’un choix économique : elle est un avantage certain pour les ménages et un atout essentiel pour l’économie française. En effet, et même si le territoire français est de moins en moins attractif pour les entreprises, la qualité et le faible coût des grandes infrastructures de réseaux et de services qu’offre notre pays sont des atouts majeurs qui lui permettent d’atténuer les effets d’une législation, d’une fiscalité et d’une ouverture des frontières réalisées en dépit du bon sens.
 
Or, ici encore, le dogme européiste et ultralibéral veille. Il ne saurait s’accommoder de pareille survivance d’un Etat fort, de services publics enracinés dans les territoires, d’une France compétitive qui résisterait à l’Apocalypse économique à laquelle les bien-pensants ont voué toutes les « vieilles nations ». Il faut donc tout démanteler, tout détruire, tout mettre au goût du jour… tout ouvrir à la concurrence. C’est dans ce but, et dans ce but seulement, que le secteur de l’électricité a été ouvert au marché financier, sur injonction expresse de Bruxelles.
 
 La conséquence de ces choix hasardeux ne s’est pas faite attendre : les tarifs du Kilowatt ont augmenté, augmentent et augmenteront encore (probablement +30% pour les cinq prochaines années). Le but étant de pouvoir revendre un quart de la production électrique d’EDF à ses concurrents au dessous du coût du marché (obligation légale) tout en s’alignant sur le prix moyen de l’électricité produite en Europe, lequel est 40% supérieur à celui de notre pays.7
 
Encore une fois nos gouvernants nous expliqueront que ces augmentations n’existent pas, qu’elles sont normales, logiques voir inévitables. Comme hier pour l’augmentation du coût de la vie induite par l’arrivée de l’Euro, tous expliqueront que tout cela n’est que l’imagination des consommateurs et le discours des eurosceptiques… car chacun sait bien que le dogme Europe ne peut être que Beau, Bien et Bon. Les Français n’en ont que faire de ses idéologues tout acquis à des théories qui prouvent chaque jour leur inefficacité ; eux qui recevront bientôt leur facture vivront alors la réalité de l’augmentation des prix, comme ils constateront le mauvais coup porté au budget des ménages et à l’économie française… 

 

 

Décidément, la destruction de l’Etat Nation et de ses outils semble devenu l’impérieuse nécessité des politiques voulues et mises en œuvre par les élites de notre temps.

 

Publié dans Media France Libre

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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