"Qui suis je".
Il n’y a décidemment rien de bien nouveau dans la découverte que font aujourd’hui nombre de français : « être fils de… » est un avantage considérable pour trouver
un emploi, se bâtir une situation ou se faire un pré-nom.
Le fait que cela ne soit pas nouveau ne veut pas dire que ce n’est pas choquant, mais il n’y a là rien de particulièrement révolutionnaire : le népotisme est une
vieille litanie qui saisit le pays chaque fois que la nation s’affaiblit et que l’intérêt général se désagrège du fait de l’absence de défenseur.
Après tout, il n’y a rien de contraire à la démocratie dans cette pantomime tragi-comique.
Si l’UMP est assez soumise pour l’accepter, si les électeurs sont assez stupides pour le vouloir, si les conseillers généraux des Hauts de Seine se trouvent assez godios pour l’admettre, et,
enfin, si les membres du Conseil d’Administration de l’EPAD de la Défense se révèlent assez courtisans pour que cela se fasse ; qui suis-je pour dire que l’affaire est contraire aux principes
démocratiques ?
Oui, sans équivoque oui, le Peuple a choisi, et il a choisi des élus à la hauteur de son sens de l’intérêt général, à la hauteur de ce qu’il mérite.
Or, ce n’est pas dans cette affaire le népotisme qui choque, mais bien le « népetisme » : cette façon de choisir des élus qui n’ont pas l’envergure de la fonction, cette détermination à voter
pour des raisons qui sont bien plus basses et inavouables que l’intérêt général, cette manière de s’accommoder avec les règles fondatrices de la Nation… ce matérialisme généralisé, ce relativisme
devenu religion d’Etat, ce goût du renoncement et de la soumission.
Si Nicolas SARKOSY est sans doute coupable de népotisme, j’accuse pour ma part le Peuple de France d’un crime autrement plus grave, celui de « népetisme » c’est à dire de renoncer à avoir des
politiques capables, ambitieux et épris de l’intérêt supérieur de la Patrie.