Partager l'article ! Problème Roms ou problème France: Il y quelque chose de révoltant dans cette fameuse affaire des « roms », et au risq ...
Le blog de Gaël Nofri
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Il y quelque chose de révoltant dans cette fameuse affaire des « roms », et au risque de choquer je dois avouer que ce n’est pas les conditions du retour à la
frontière qui m’émeuvent. Non, l’aspect insupportable de cette histoire est qu’une fois encore les apparences prennent le pas sur l’action véritable. Car, qu’on se le dise, les « roms » sont des
populations de nationalité roumaine et donc membre à ce titre de l’Union Européenne, bénéficiant dès lors des mêmes droits que les autres d’aller et venir… mais aussi à revenir. Ainsi, ceux qui
partent aujourd’hui devant les caméras reviendront demain, en toute légalité. Cela Nicolas Sarkozy et son Gouvernement le savent très bien mais, le but n’est pas de parvenir à un résultat mais
d’adopter une posture.
Voici pour les apparences, reste le fond de l’affaire. A la vérité, de tout temps les gens du voyage sont venus en France et ont été officiellement tolérés depuis la fin du Moyen Âge. Alors qu’est ce qui a changé ? Pourtant, d’un seul coup les Roms ne sont pas devenus plus violents qu’avant, plus voleurs qu’hier, plus nomades qu’ils ne l’ont toujours été. Car n’en déplaise « aux droits de l’hommiste », à l’ONU, à l’Union Européenne, et à Bruxelles ces peuples ont une identité et ne comptent pas l’abandonner ou se sédentariser au nom de la haute idée de l’humanité que ces Messieurs se font.
La vérité, c’est que ce ne sont pas les Roms qui ont changé mais la France qui s’est transformée : un peuple qui redoute de ne plus être maître chez soi, un gouvernement qui ne gouverne plus rien, une identité nationale méprisée, des lois non appliquées… C’est parce que nous avons renoncé à faire appliquer, sur notre territoire, les règles qui sont les nôtres, que la situation en France est devenue intenable.
Voici les conséquences d’un monde dans lequel seules comptent les apparences : dans la circulaire du Ministère de l’Intérieur incriminée, le Directeur de Cabinet du Ministre demande la destruction –médiatisée de préférence - de 300 des 600 camps illégaux recensés en France. Est-ce à dire que l’on tolère 300 camps connus de l’Etat et reconnus par celui-ci comme illégaux ? Quel cas fait-on alors de la Loi si la puissance publique se satisfait d’une situation dans laquelle la Loi, est bafouée ?
Une fois encore les apparences ne changeront rien : personne ne fera appliquer la Loi, toute la Loi, rien que la Loi. Partout les grands féodaux castrateurs de la puissance publique sont intervenus ; ils ont ordonné; Paris s’est soumis. Un pouvoir qui ne peut rien, voici le problème français.
Publié in " La lettre du RIF"
Octobre 2010