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Publié dans : Articles-Débats
Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /2008 14:16

Libres Propos,
Publiés dans Rassembler la France (fev 07)

Jacques Attali, un des trop nombreux ressuscités par la présidence Sarkozy dans le but de combler l’inaction par la gesticulation, vient donc de rendre son fameux rapport! Pour cela l’auteur nous gratifie d’un empilement de mesures prétendument cohérentes, de fausses questions et de mauvaises réponses, au premier rang desquelles la suppression des départements.

Supprimer les départements ! Quelle drôle de priorité pour un Gouvernement prétendument dynamique, courageux, et performant ! Il est vrai que, Régions, Départements, Communes, et, maintenant, Regroupements Intercommunaux (même s’ils n’ont pas encore le statut de Collectivité Territoriale), sans parler de l’Europe représentent, sans doute, une trop grande accumulation de structures, de responsabilités et de dépenses qu’il convient de simplifier. Aussi, admettons, avec le rédacteur, que la réduction du nombre d’échelons doit se réaliser au niveau des régions et des départements. La commune demeure l’entité locale de rattachement du citoyen par excellence, c’est une collectivité qui marche bien, et, qu’historiquement, son rôle est ancien ; le regroupement intercommunal est, lui aussi, appelé à devenir la base d’un travail global, de cohésion, et, d’aménagement du territoire, considérable.

Pourtant, et c’est là que le rapporteur se trompe, dire que du département et de la région, deux ne doivent plus faire qu’un ne signifie en aucun cas qu’il faille prendre un gros feutre noir pour rayer la mention inutile. Car, à la vérité, la préoccupation de simplification devrait conduire à un effort légitime de cohérence. Nous ne sommes plus à l’époque de la Révolution française, et, les ternes successeurs de l’Abbé de Sieyès n’ont plus besoin de scinder, artificiellement, le Territoire de la République en entités géographiques, mathématiquement découpées, dans le but de mettre un terme à l’esprit et à l’âme des Provinces d’Ancien Régime.

Au contraire !

Ce dont manque l’organisation de notre pays et l’aménagement de son territoire c’est justement de cohérence dans la définition de ce niveau local. Le bon échelon n’est pas celui qui se

décrète à Paris, depuis un fauteuil certes confortable de tel ou tel Ministère, le bon échelon est celui qui s’inscrit dans l’expression d’une réalité géographique, culturelle, économique, sociale, historique et, plus généralement humaine.

Oui, en effet, supprimer les deux départements de Haute-Corse et de Corse du Sud pour ne garder que la Corse trouverait tout à fait son sens. Mais, à titre d’exemple, ce ne serait pas le cas en Rhône-Alpes : la Savoie devrait bénéficier d’un tel réaménagement pour prendre corps au sein d’une seule entité, qui lui soit propre. En PACA -région tellement artificielle que l’on ne la désigne que par des initiales-, on ne peut envisager de faire cohabiter deux des cinq plus grandes villes de France dans une entité unique qui deviendrait le seul échelon entre d’une part la commune, et, de l’autre la capitale : la solution est, ici aussi, de s’adapter, en donnant enfin  vie à l’entité tant réclamée des Alpes, distincte de la Provence…

Sans doute, la France fourmille-t-elle d’exemples comme ceux là, exemples dans lesquels les réalités devraient prendre le pas sur une vision dogmatique, bureaucratique, et donc, forcément stérilisante.

L’intérêt autour de cet enjeu ne s’arrête évidement pas là. Le véritable débat celui que, on se garde bien d’aborder, c’est la forme à donner à cette future entité politique unique : quelle mode de scrutin faudrait-il conserver ?

Le mode d’élection conditionnera, bien plus que le nom qu’on lui donnera, la légitimité de l’assemblée élue, et, par là même, elle en définira, si ce n’est les attributions, au moins la façon d’aborder cet échelon de la vie locale, son fonctionnement et son rapport au citoyen. Il est évident qu’un hémicycle élu sur un scrutin de liste, à la proportionnelle, serait plus représentatif des diversités politiques, mais moins en contact avec les réalités locales. Par contre, le système en vigueur pour les élections cantonales, s’il a l’inconvénient de limiter la diversité politique, par le phénomène du scrutin uninominal à deux tours, permet, de porter la parole des zones les plus reculées, de faire de la politique de proximité, dans son acceptation la plus concrète, et non comme formule creuse, ou, comme outil de propagande électoraliste. Dans ce cadre, ce dernier mode de scrutin, souvent décrié, car, inique lorsque l’on parle des élections législatives, puisque privant nombre de courants importants de notre pays d’élus dans ce qu'il est convenu d’appeler la prétendue Représentation Nationale, trouverait sans doute une forte utilité.

La conclusion de cet énième épisode devrait nous conduire à méditer sur la force des bureaucrates entres les mains desquels nous avons eu le tort de confier notre destin politique.

Car, en réalité, dans cette affaire, une proposition inopportune, ne répondant à aucune urgence, à aucune attente, à aucune réalité, abordant un problème de façon partiale et partielle permet à la présidence Sarkozy de maintenir la France en émoi autour d’un vaste RIEN !

La seule question qui devrait demeurer, dans l’esprit de tout bon citoyen, après la lecture du rapport Attali, semble être : combien de temps, encore, les apparences suffiront-elles à masquer les errances, les fautes voir les coups de force de l’actuel locataire de l’Elysée ?

Par Gaël Nofri - Voir les 1 commentaires
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Jeudi 1 juin 2006 4 01 /06 /2006 00:47
- pour en finir avec nos monarques impotents -
 
 
 
A l’approche des échéances présidentielles tous les candidats déclarés ou pressentis affûtent leurs arguments, et, tous développent nombres de propositions de modifications constitutionnelles. S’il est vrai que, pourtant, plusieurs d’entre eux ont très largement profité et accompagné l’avènement du système qu’aujourd’hui ils réprouvent - ne serait-ce qu’avec la mise en place du quinquennat - , force est de constater que l’actuel fonctionnement des institutions ne peut plus durer. En effet, dans une République où la classe politique est méprisée, où les gouvernants ne parviennent plus à répondre aux attentes des Français, où l’Etat montre chaque jour ses faiblesses et, finalement, face à un Peuple qui désespère de ne plus savoir à qui se fier, une réforme du rôle et de la place du Président de la République, clef de voûte de nos institutions, semble primordiale. Bien sûr, il y aurait beaucoup de choses à dire, beaucoup aussi à proposer ; mais ne retenons ici que la plus anodine et banale constatation : le lien fondamental institué jadis par la Cinquième République, entre le Chef de l’Etat et le Peuple Français, est aujourd’hui brisé. Or, de cette cassure, naissent frustrations et incompréhensions. Or, par cette pratique nouvelle de la fonction Présidentielle, disparaît une certaine conception de l’organisation des pouvoirs : pour restaurer la République, les réformes pressent !


● Quant au lien démocratique fondamental.

Avant même 1962 et l’institution du Suffrage Universel pour l’élection Présidentielle, la Cinquième République a choisi de faire de la fonction de Chef de l’Etat une fonction à part : au-dessus des partis, responsable devant le peuple seul et garant du sort du pays, il est l’homme du référendum. Il est celui qui en appelle aux citoyens lorsque les circonstances l’exigent, lorsqu’il entend donner à ses décisions politiques la force du Peuple tout entier. Charles de Gaulle va, au cours de ses dix ans de mandat, bâtir ce lien essentiel, développer cette vision de la fonction présidentielle : par sa pratique il fait du Chef de l’Etat l’homme d’un rassemblement du Peuple Français. A partir de 1962, suite au vote de la motion de censure par le Parlement, puis en 1968, face aux troubles estudiantins, le Général de Gaulle va transformer le pouvoir de dissolution de l’Assemblée et les élections législatives anticipées qui s’y rattachent en véritables scrutins référendaires, sortes de questions de confiance politiques et personnelles. Et, lorsque, comme en 1969, à l’occasion d’un référendum sur un point important du discours et des choix politiques du Président, le Peuple refuse de le soutenir, alors, il constate que le contrat est rompu. La force du Chef de l’Etat est aussi sa faiblesse, ceux qui, par leur confiance accordée, l’ont fait, peuvent le désavouer, le destituer…

Ce lien fort et direct, contenu dans l’esprit initial des institutions, était nécessaire, tant pour asseoir l’autorité du Chef de l’Etat que pour donner aux Français une véritable capacité de décision et de détermination des choix politiques à opérer. Avant même Charles de Gaulle, Napoléon Bonaparte avait formulé toute l’importance de ce rapport dans la formule : ‘Le pouvoir vient d’en haut, la confiance vient d’en bas’. Aujourd’hui, sous la Cinquième République, ‘le sacre des Présidents’ devrait légitimement se trouver contenu dans le soutien que lui manifeste, par les urnes, le Peuple tout entier à l’occasion des différentes élections : l’esprit des institutions veut qu’il n’y ait pas de limites pratiques au mandat du Chef de l’Etat, seule la volonté du Peuple souverain met un terme à sa fonction.

Mais, que reste t-il aujourd’hui de ce pacte de nécessaire confiance, préalable obligatoire à une politique acceptée, à des institutions Républicaines ?


● Quand à la dérive des institutions.

Dès 1978, à l’occasion du discours de Verdun sur le Doubs, Valery Giscard d’Estaing envisage la possibilité d’une cohabitation, en cas de défaite électorale. Du discours à la mise en pratique huit ans plus tard, la possibilité théorique restait ouverte sans que le fonctionnement exact d’une telle entité ne paraisse clairement défini. François Mitterrand, qui dû faire face à deux élections législatives perdues en 1986 et 1993, inaugura la cohabitation, avec Jacques Chirac puis Edouard Balladur en nommant des adversaires politiques au poste de Premier Ministre. Or, le choix effectué par François Mitterrand de nommer des opposants politiques à la tête du Gouvernement représente une erreur d’interprétation grave de la Constitution : si en elle même la cohabitation n’est pas contraire au régime - le Général de Gaulle ayant même, dans un entretien avec Alain Peyrefitte prévu que le Président de la République devrait alors nommer un Gouvernement d’experts, peut-être même issu de la société civile - jamais il ne s’agissait alors de nommer un Premier Ministre en opposition directe au Président, jamais non plus il ne s’agissait de se faire dicter ses choix par l’Assemblée, ou même d’assister en simple spectateur à la détermination des orientations politiques de la France. On pouvait alors imaginer un Gouvernement d’union, avec des choix de gestion consensuels, ou au moins permettant de rallier une large majorité des Parlementaires, assortis de consultations référendaires voulues par le Chef de l’Etat, assez fréquentes, relatives à des sujets plus délicats. Quoiqu’il arrive, il ne pouvait être question alors de voir l’exécutif se scinder en deux entités en constante opposition frontale, arbitrées par l’Assemblée, qui allaient jusqu’à se concurrencer sur la scène internationale. La Constitution faisait bien du Premier Ministre l’homme du Président de la République, nommé par lui en vertu de l’article 8, c’est comme cela que fonctionnèrent les pouvoirs au début de la Cinquième République : sous les Gouvernements de Michel Debré l’Assemblée était en majorité composée d’élus non-gaullistes. Dans de telles conditions la cohabitation n’est qu’une vague mise en perspective des forces en présence au sein du Palais Bourbon, un point de vue partagé par les seuls analystes politiques. En somme la cohabitation, si elle était possible, ne devait en aucun cas diviser le sommet de l’Etat, le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, qui connut aussi une cohabitation sous la Seconde République, résuma les choses ainsi : il faut pour l’exécutif “une communauté entière d’idées, de vues, de convictions entre le Président et ses ministres”.

La position que pris, à l’occasion du référendum sur Maastricht, François Mitterrand est une seconde phase de cette mutation de la Cinquième République. En effet, après avoir transformé la nature des rapports entre les deux acteurs du pouvoir exécutif, le Chef de l’Etat va publiquement prendre le contre-pied de ce qu’avait été, jusqu’alors, la pratique des institutions, affirmant qu’il resterait au pouvoir quelque soit l’issue du scrutin. Enfin, en 2005, à la suite du référendum sur le Traité établissant une Constitution pour l’Europe, le Chef de l’Etat se voit, pour la première fois depuis l’épisode de 1969, désavoué sur ce qu’il convient de qualifier d’axe central de sa politique. Mais, alors que ses choix ne semblent plus être ceux des Français, et que sa perte de légitimité le contraint à renoncer à tout projet important, réformateur ou structurant pour ce mandat, Jacques Chirac ne tire aucune leçon personnelle d’un tel vote. Tout juste change-t-il de Premier Ministre, preuve s’il le fallait qu’il s’était trompé d’enjeu.

Enfin, venant couronner cet inventaire des nouvelles pratiques déconcertantes des institutions, l’attitude du Chef de l’Etat, en l’occurrence Jacques Chirac, suite à la dissolution ratée de l’Assemblée Nationale, qui accepta ensuite de se trouver en situation de cohabitation pour cinq ans. Plus que la cohabitation elle même, c’est l’acceptation du désaveu qui est alors cinglant : l’Assemblée issue des élections de 1997 n’est pas le fait d’intérêts locaux, les résultats électoraux qui en découlent ne peuvent être détachés de la volonté manifestée par le Président de retrouver une nouvelle majorité, pour cinq ans. Les Français ont alors rejeté la demande de soutien formulée par le Président, pourtant celui-ci reste en place…

Dans de telles conditions, et face à un Président de plus en plus détaché de ses électeurs, le rôle et l’autorité du Chef de l’Etat tendent à s’amenuiser. Il est devenu un monarque important, enfermé dans son palais, il se contente désormais, non plus d’inaugurer des chrysanthèmes, mais de se présenter en défenseur des causes caritatives, en promoteur des bonnes volontés : en faveur de la prévention routière, de la protection de la nature, ou encore, de la lutte contre le cancer… causes oh combien importantes, mais témoignant d’une vision réductrice du rôle présidentiel. Privé du soutien populaire inhérent à la fonction, le Chef de l’Etat n’est plus porteur de projets novateurs et d’ambitions structurantes, l’exercice actuel du pouvoir montre une pratique minimaliste et dénaturée de la fonction. Quant à l’homme, il attend les prochaines élections en tentant de conserver ses dernières prérogatives, ses lambeaux de pouvoir encore utilisables, transformés dès lors en privilèges incompréhensibles…


● Quant aux réformes efficaces.

De cette analyse, il ne faut pas conclure que les choses doivent être en l’état figées et que l’on est contraint de s’en remettre à la moralité, et donc au bon vouloir, des individualités qui sont appelées à exercer de telles fonctions. En effet, si une Constitution a notamment pour objectif d’encadrer l’utilisation du pouvoir, il faut alors que des normes contraignantes viennent imposer une certaine pratique. Une République c’est aussi une pratique, or, lorsque celle-ci devient contraire aux valeurs et à l’esprit portés par les institutions, il faut l’en cadrer par le texte afin de ne pas se tromper dans le sens à donner.

Aussi, s’il faut évidemment considérer le référendum comme une consultation présidentielle, relatif à des choix politiques nationaux importants, et de nature à conforter l’autorité du résident de l’Elysée, l’importance des législatives dans ce domaine est ici à examiner avec une grande attention. En effet, le Général de Gaulle lui même estimait que l’élection des députés est aussi, par sa nature et ces modalités mêmes, une échéance aux enjeux locaux et personnels, influencée “dans des conditions très diverses par l’action personnelle des candidats, les habitudes bien établies des clientèles électorales, la position des notables politiques locaux, l’influence des journaux du crû”. Dès lors, convient-il d’établir une distinction fondamentale entre un scrutin législatif anticipé, qui est un choix présidentiel, et, à travers lequel subsiste nécessairement une question de confiance, et, des échéances régulières venant renouveler des mandats venus à terme.

Dans le cas du référendum, la mise en échec des choix politiques intérieurs ou internationaux du Chef de l’Etat correspond aussi, et inévitablement, à un désaveu manifesté par le Peuple à l’encontre de l’action entreprise par cet homme. De par la nature de sa fonction, de par son rôle et son aura conférés par la Constitution, le Président de la République ne doit pas pouvoir se maintenir en place dans le cas où les Français ont manifesté leur volonté de voir la Nation suivre un autre chemin que celui jusqu’alors défini par lui. Il s’agit moins ici de transformer le Référendum au Suffrage Universel en une sorte de plébiscite, que de conférer à cet outil présidentiel toute l’envergure et l’importance qu’il doit revêtir dans la détermination et dans l’autorité conférée aux choix politiques nationaux. Aussi, dépassant le cadre de la simple pratique et le dictat du bon vouloir, le référendum doit retrouver dans notre Constitution toute son importance. Il faut dès lors se résoudre à imposer la destitution du Chef de l’Etat dans de tels cas.

A l’occasion de législatives anticipées, et lorsque le Président de la République opte pour une consultation prématurée du Peuple Français, la question de confiance que sous-entend cette élection est cruciale : offrir une majorité de Gouvernement pour réaliser les ambitions présidentielles, ou imposer une opposition afin de faire barrage à un pouvoir rejeté dans sa mise en œuvre et contesté dans sa légitimité. Mais tirer des conséquences institutionnelles de la victoire de l’opposition reviendrait à officiellement reconnaître la défaite du Parti du Présidentiel, or le Chef de l’Etat est dans notre Constitution au-dessus des partis. Dès lors, la transparence et la lisibilité du fonctionnement des Institutions Républicaines devraient conduire à adopter une réforme afin que les élections législatives anticipées soient, toujours assorties d’un véritable référendum de confiance. Celui-ci, dans le but essentiel de ne pas exposer de façon inconsidérée le pouvoir Présidentiel à des groupes de pression ou des alliances de circonstances, ne comptabiliserait que les votes négatifs, et n’entraînerait la destitution du Chef de l’Etat que lorsque ceux-ci représenteraient plus de la moitié des inscrits. Dans ces cas, il est évident que, désavoué par le Peuple, et, empêché par l’Assemblée Nationale, l’accomplissement de la mission du Président de la République deviendrait alors légalement et constitutionnellement impossible.

Ce n’est pas le cas lorsque les législatives viennent, de façon régulière, renouveler une législature arrivée à son terme. Il s’agit alors d’élections complexes, alliant les intérêts locaux aux promesses de programmes, les personnalités des candidats et les habitudes régionales… aussi ne peut-on pas mettre en difficulté le Président sur des scrutins aux intérêts aussi peu identifiables et d’une toute autre essence que les élections Présidentielles ou le référendum dans lesquels est remis en cause le lien direct entre la Nation et le Chef de l’Etat. Aussi, est-il contraire à l’esprit des institutions et dangereux pour la fonction présidentielle, comme d’ailleurs pour le nécessaire respect de la parole du Peuple souverain, d’empêcher toute cohabitation : l’effet serait alors pervers puisqu’il reviendrait à affaiblir considérablement l’autorité du Président de la République, devenu l’otage du choix d’alignement des partis et des votes de quelques notables de province.

Il ressort de tout cela que le phénomène de cohabitation ne peut-être en tout cas totalement exclu, soit qu’à l’occasion d’une élection anticipée défavorable aux alliés politiques du Président, le Peuple décide de ne pas retirer son soutien au Chef de l’Etat, soit que l’Assemblée issue des urnes à l’occasion d’une fin de législature ne corresponde pas aux choix politiques du Chef de l’Etat. Dès lors celui-ci peu choisir la démission, quoique la solution vienne renforcer une fois encore le poids des Assemblées sur le fonctionnement des institutions ; il peut aussi choisir de constituer un Gouvernement d’ouverture, partageant des perspectives et un programme de consensus, tout en imposant sa politique personnelle à travers le recours systématique au référendum, avec en contre partie le risque d’être cette fois désavoué par une majorité de Français.

Redonnant à travers de telles évolutions son sens originel à la fonction de Président de la République, nos institutions se trouveraient dès lors renforcées tant dans leur caractère démocratique que dans l’autorité et l’efficacité des choix politiques effectués par le Chef de l’Etat et consenti par une majorité de Français. Mais ces réformes ne sont pas, par elles mêmes, de nature à rendre nos institutions plus démocratiques ou meilleures à vivre : pour être efficaces elles doivent s’inscrire dans le cadre d’une politique globale, réfléchie et volontariste, visant à redonner à la France sa Souveraineté et à l’Etat son autorité. Ce n’est qu’a ce prix que les valeurs fondamentales de la République seront restaurées.
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Dimanche 1 janvier 2006 7 01 /01 /2006 23:27
- pour qu'être français continue à signifier quelque chose -
 
 
Depuis peu, nombreux sont les hommes politiques, les élus, les penseurs et les journalistes qui s’interrogent sur les conséquences de l’actuelle politique migratoire de la France – ou de son absence de politique migratoire – et donc inévitablement sur la nature même du concept de nationalité. A Droite, progressivement, cette réflexion a été marquée par le salutaire changement de vocabulaire amorcé par le nouveau Gouvernement, dès 2002, puis, il s’est accentué grâce aux travaux de la Deuxième Convention pour un Projet Populaire qui avait pour thème “ Une immigration choisie, une intégration réussie ”. Plus récemment encore, les propos du Ministre Délégué aux Départements et Collectivités d’Outre-Mer, François Baroin, qui n’a pas hésité à s’interroger sur le devenir de notre système juridique d’acquisition de la nationalité, ont contribué à clarifier le débat et à en définir les enjeux.

Car, à n’en pas douter, les questions que soulèvent aujourd’hui le phénomène migratoire et le concept même de nationalité française sont le fruit des profonds bouleversements de la fin du XXème siècle. Evolutions nées du phénomène de décolonisation et dont les conséquences sont notamment le retard industriel et économique du Tiers-Monde. Evolution aussi d’un point de vue matériel, avec des technologies permettant un flux migratoire toujours plus important, toujours plus rapide et difficilement contrôlable. Enfin, et face aux profondes modifications du monde qui nous entoure, force est de constater que le Droit Français de la nationalité apparaît aujourd’hui inadapté à une société changeante, dépassé par les réalités d’un environnement international en pleine évolution, en perpétuelle révolution.

D’asiles politiques de complaisance, en mariages blancs, de regroupements familiaux arrangés, en visa de tourisme expirés, sans oublier les étudiants sans étude (…) nombreuses sont les dérives qui offrent dorénavant la possibilité d’abuser d’un système qui n’a pas su se réformer lorsqu’il le fallait. Il nous faut maintenant nous y résoudre, la France ne peut pas faire l’économie d’une sérieuse et profonde refonte de son droit de la nationalité. Mais, cette détermination arrêtée, reste à l’esprit de nombreuses interrogations.


● Etre ou naître français ?

Depuis longtemps maintenant, deux conceptions de la nationalité s’opposent : celle qui estime que toute personne née sur le sol français peut prétendre à la nationalité et celle qui considère que l’on ne peut être français que par le sang que l’on a reçu de ses parents.

Droit du sol et droit du sang : deux conceptions qui, dans leur application la plus dogmatique, s’avèrent toutes deux inacceptables.

Parce que la première permet à chaque personne ayant accouché sur le territoire de la République d’obtenir la nationalité française. Cette approche tend à réduire de façon illusoire le concept de nationalité à sa plus simple notion administrative, à ses intérêts les plus pécuniaires. Elle produit à terme la situation que nous connaissons actuellement.

Parce qu’aussi, la seconde conception est contraire à l’Histoire même de la France, à son génie national. Car, elle suggère une inadmissible incursion dans la vie de l’individu, sans jamais s’intéresser à son sentiment profond d’appartenance, à ses efforts d’intégration, et à son vécu personnel. Je pense que certains “ français d’adoption ” aiment et vivent la France au moins autant que les autres. C’est notamment le cas des hommes et des femmes qui se sont battus dans la Résistance ou dans l’Armée aux côtés de nos compatriotes, ils sont devenus français par le sang versé. Eux comme beaucoup d’autres ont su montrer leur appartenance à la République et leur attachement à la Patrie, ils donnent à chaque Français un bel exemple d’engagement et de dévouement pour la France et condamnent dès lors cette théorie.


● Quelle place dans le débat pour le monde politique ?

Il apparaît dorénavant clair que le phénomène migratoire ne doit plus s’imposer à la France, mais, que celle-ci doit choisir, de façon libre, son immigration en fonction de critères qui lui sont propres. Ainsi, il s’agit de ne permettre l’entrée sur le territoire national que d’un quota d’immigrés prévu et déterminé par la France. C’est à elle de décider, grâce à une politique volontariste de ces gouvernants, du nombre, de l’origine et des catégories socioprofessionnelles des immigrés que nous accueillerons. Mais, l’idée de politique migratoire choisie ne doit pas alors être comprise comme le véritable marché à l’être humain dont on entend parler ici et là, il s’agit plus en réalité de définir la politique migratoire en fonction des capacités et des choix politiques qu’au regard des besoins économiques. Parce que, dans un pays souverain, il est normal que le Peuple accueille qui il veut. Parce qu’aussi il est normal que les populations avec lesquelles nous choisissons de vivre puissent recevoir un toit et un travail et qu’actuellement nous ne sommes pas en mesure de leur fournir. Nous sommes en promesse plus généreux que ce que nos moyens nous le permettent, cette attitude développe, avec l’immigration, la pauvreté et le désespoir.

Cette politique de choix a en réalité vocation à s’opposer à l’actuelle situation imposée à la France. Car, au moment où est examinée, pour la seconde fois de la législature, un texte tout entier consacré à cette question - et qui, soit dit en passant, ne mérite pas l’actuel débat, puisqu’il ne représente que des annotations à la marge de la politique déjà mise en œuvre – force est de constater que l’évolution de la législation dans ce domaine reste conditionnée tant aux volontés politiques nationales, qu’au dictat de Bruxelles. En effet avec les accords de Schengen de 1984 et l’évolution du Droit Européen relatif à la question migratoire, les marges de manœuvre restant aux états quant à l’adoption d’une législation volontariste en matière de régulation des flux migratoires paraît compromis. Ainsi, par exemple, la directive 2003/86 vient elle encadrer la notion de regroupement familial et limite d’autant le pouvoir d’intervention de l’Etat. Enfin, qu’elle serait le sens d’une politique migratoire Française ferme si par ailleurs les principes relatifs à la libre circulation des individus s’appliquait aux 700.000 sans-papiers Espagnols ou au 635.000 sans-papiers Italiens récemment régularisés par leur pays, et, qui pourront légalement s’établir chez nous dans quatre ans.

Aussi, cette politique des quotas, cette politique migratoire de contrôle des frontières n’a de sens que si nous la doublons d’une véritable politique de coopération interétatique. Entendons par politique de coopération interétatique le fait, pour la France, de se doter de véritables liens de nature contractuelle avec les pays étrangers qui fournissent le contingent des immigrés. Il s’agirait alors de leur offrir, en échange de leur engagement déterminé contre l’émigration, des aides au développement. Ces aides, distribuées afin de promouvoir l’économie et de moderniser l’industrie des pays en voie de développement doivent être contrôlées afin de s’assurer du bien-fondé de leur utilisation. Il est nécessaire que le Gouvernement Français et particulièrement le Ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, Madame GIRARDIN, s’intéresse tout particulièrement à ces problèmes. Car ne nous leurrons pas, sans efforts en faveur de ces pays, toute tentative d’endiguer le phénomène migratoire sera inexorablement vouée à l’échec. Les pays du Tiers-Monde ne pourront pas retenir leur population s’ils n’ont pas de devenir à leur proposer, si aucune dynamique ne permet l’espoir et l’amélioration des conditions de vie. Ainsi, et face à des flux migratoires de plus en plus difficilement maîtrisables, c’est par la coopération internationale, l’entraide et la défense mutuelle des intérêts de chacun que doit passer la nécessaire lutte pour endiguer le phénomène migratoire. Ce n’est que comme cela que nous pourrons bâtir une politique volontariste, basée sur le principe d’une Liberté de choix respectée. Ce n’est qu’à ce prix là que nous pourrons offrir à chacun la chance de vivre sur la terre qui l’a vu naître.


● Faut-il changer les conditions d’accès à la nationalité ?

Pour autant reste posée pour nous la question essentielle de l’obtention de la Nationalité. Le principe est que la France est une Nation par tradition ouverte et généreuse, elle ne doit cependant pas être offerte à ceux qui la méprisent et qui en bafouent les lois.

Ainsi, la priorité est d’affirmer la stricte interdiction de résider en France - et à fortiori empêcher l’acquisition de la nationalité française - de tout étranger auteur sur le territoire de la République d’un crime ou d’un délit. Cette disposition aura en outre le mérite de supprimer toute corrélation entre le phénomène de délinquance et la réalité migratoire.

Aussi et parce que l’acquisition de la nationalité doit être une adhésion délibérée et réfléchie à la communauté nationale, il apparaît nécessaire que celle-ci soit l’accomplissement d’un parcours républicain témoignant de la volonté librement exprimée de l’individu ainsi que de sa détermination à acquérir l’ensemble des connaissances nécessaires au respect des valeurs et coutumes de son futur pays. Il s’agit de donner à chacun un aperçu des droits et devoirs qui incombent aux citoyens de la République, et veiller à lui inculquer le minimum relatif au patrimoine historique et culturel partagé par l’ensemble de la communauté nationale. Il s’agit aussi de contrôler que chaque nouvel entrant possède bien les connaissances minimales notamment linguistiques qui lui permettront d’évoluer librement dans notre société.

Il apparaît ainsi qu’une cérémonie civique et symbolique marquant l’engagement du futur citoyen serait un moyen adéquat de concrétiser cette entrée dans la communauté nationale. A l’occasion de cette cérémonie chaque nouvel entrant devrait alors prononcer un serment d’allégeance à la République Française, serment prononcé sur le drapeau tricolore, afin de perpétuer la cohésion et l’unité d’un même Peuple, le Peuple Français.


● Un sursaut civique pour une France en danger ?

Pourtant, incontestablement, les risques issus d’une immigration incontrôlée, inadaptée et non-assimilée apparaissent de plus en plus présent, de plus en plus concrets…

A n’en pas douter, l’identité de la France est en péril, et, avec elle, le système de société qu’elle a fondé. L’absence d’assimilation, le communautarisme, la revendication égalitariste des groupements d’intérêts ethniques, culturels ou religieux, et, finalement, la disparition de la France comme pays de Libertés sont des risques réels qui menacent dès aujourd’hui notre société. Il est maintenant temps pour les citoyens de ce pays de trouver, dans un sursaut salvateur, la force de croire de nouveau en leur destin, ainsi que le courage et la volonté du renouveau. Pour que la France ne devienne pas une Nation multiculturelle et liberticide, l’autorité de l’Etat doit être restaurée et les choix politiques sociétaux assumés afin que les inévitables réformes soient mises en œuvre.
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