Publié dans : Actualités
Jeudi 3 novembre 2011
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Les réactions des capitales européennes à l’annonce du référendum grec, énième épisode d’une tragédie dont chacun perçoit bien le dénouement, permettent enfin de lever le voile sur ce
qu’est en réalité la prétendue « construction européenne », sur le choix terrible que celle-ci porte en elle, sur sa nature véritable. Depuis plusieurs années en effet une ambiguïté,
savamment orchestrée par les promoteurs de l’idée européenne, existe quant à ce qu’est le système « européen » dans lequel nous nous trouvons engagés.
Il convient de rappeler que celui-ci est d’abord et avant tout l’expression d’un choix de société : contrairement à ce que l’on
prétend et voudrait faire croire aux Français il n’existe pas de réalités implacables et indiscutables qui fassent de la voie actuellement choisie la seule admissible, l’expression d’une vérité
implacable et absolue. C’est le principe de tout système totalitaire que de prétendre empêcher le débat en ne reconnaissant pas même l’existence d’un choix : plutôt que de justifier une
orientation, il parait plus aisé de faire croire qu’il n’existe qu’une seule réponse à la question posée. Or, n’est ce pas justement ce que font depuis plus de dix ans nos dirigeants européistes
en prétendant « qu’il n’y a pas d’autre voie que celle de la construction européenne », « que l’Europe est la seule solution économiquement viable », que c’est « le sens
de l’Histoire » ou encore « qu’il est impossible de sortir de l’Euro » ? Autant d’affirmations fausses, ne s’appuyant sur rien, mais dont le principal mérite, pour leurs
promoteurs, est de couper court au débat.
Aujourd’hui, face à une structure dont les fondamentaux apparaissent chaque jour moins stables, il semble évident que la fuite en avant à
laquelle se livrent Nicolas Sarkozy et l’ensemble des jusque-boutistes de l’UE à tout prix n’est pas une solution viable pour sortir de la crise, pour sauver la France et les Français. Dès lors,
l’attitude de mépris à l’égard des défenseurs de l’idée Nation, largement rependue dans les « milieux autorisés », semble dorénavant intenable, ne serait-c parce que le probable retrait
de la Grèce de la zone Euro rend obsolète l’idée d’une intégration irréversible. Nombreux sont ceux qui comprennent la nécessité de s’affranchir au plus vite des dogmes dans lesquels on les a
enfermés afin de repenser la question européenne et d’ouvrir un débat en profondeur quant au choix que celle-ci pose.
Ce choix est en réalité simple : il est entre le retour à la simple coopération entre Nations Souveraines et la fusion intégrale au sein
d’une Construction Fédérale.
Pourtant, rare sont ceux qui, en France, osent aujourd’hui défendre publiquement et honnêtement une vision fédéraliste de l’Europe. Refusant
d’assumer, ils préfèrent cacher la portée véritable de leur projet dans l’appellation trompeuse -et juridiquement fausse- d’une « union d’Etat-Nation ». Or, si les européistes sont si
peu nombreux, si frileux, à assumer publiquement l’idée d’une Europe qui soit pleinement fédérale c’est qu’ils en connaissent aussi le sens véritable. Dans un ensemble sans unité linguistique,
sans unité juridique, intellectuelle, culturelle ou humaine, il ne peut exister un unique Peuple… et sans Peuple pas de démocratie. Voilà en effet l’Europe que l’on souhaite nous vendre: elle
n’est que l’expression d’un impérialisme, c'est-à-dire d’un système politique prétendant imposer une autorité illégitime, se substituant aux Nations et aux Peuples et donc forcément
antidémocratique. Dès lors, il ne faut plus s’étonner de la réaction excessive, mais tellement révélatrice, des partisans de l’UE face à l’annonce d’un référendum grec.
Ainsi donc, face à un « rêve européen » devenu à la fois antidémocratique et foncièrement totalitaire tout l’intérêt de la crise
actuelle devrait de donner le signal d’un réveil des Peuples et des Nations. Sans doute n’est-il pas anodin de constater que ce réveil est en train de naitre en Grèce. Le pays qui inventa
autrefois le modèle démocratique, le pays qui abrita le monde des Cités libres et indépendantes opposées aux Empires despotiques est aujourd’hui en train de nous rappeler ce qu’est l’héritage
intellectuel, philosophique et politique de la Grèce Antique.
Les faiblesses, les incohérences et la non-viabilité du système actuel éclate aujourd’hui en plein jour. La résurgence d’un véritable esprit
démocratique et patriotique -comme à l’occasion des référendums français ou Irlandais- représente pour l’actuelle construction européenne un danger de mort : plus encore que d’en freiner
l’évolution, elle en représente la complète négation.