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Jeudi 21 janvier 2010 4 21 /01 /2010 15:29

Faut-il ou non augmenter l’âge légal du départ à la retraite des Français ?

Il semble de plus en plus évident avec l’augmentation de la durée de vie, la part des séniors dans la population française et les difficultés chroniques de l’Etat à boucler ses budgets que le rythme actuel des dépenses ne pourra pas être tenu : il convient de réformer les choses.


Pour autant convient-il d’augmenter indéfiniment l’âge du départ à la retraite de nos aînés alors même qu’aujourd’hui, arrivé à 50 ou 55 ans, plus aucun employé ne peut retrouver un emploi. N’en déplaise au Gouvernement, l’emploi des "quinquas" ne se porte pas bien : premiers licenciés, derniers embauchés, mises en retraite anticipées (…) beaucoup aimeraient bien pouvoir aller jusqu’à 60 ans, mais la réalité est autre car seuls 38% des Français de plus de 50 ans ont aujourd’hui un travail.


Certes, une nouvelle loi, visant à nous mettre en conformité avec les dispositions du Traité de Lisbonne, tente, depuis le 1er janvier dernier de préserver l’emploi des plus de 55 ans et de promouvoir l’emploi des plus de 50 ans par les structures de plus de 50 salariés ; mais est-ce vraiment suffisant ?


A y regarder de plus près le problème est plus complexe, plus profond que cela: si l’emploi des seniors est un handicap, il est loin d’être le seul. C’est sans doute à l’autre bout de la chaîne que se trouve en réalité la principale difficulté : avec une jeunesse qui entre dans le marché du travail tard, notre représentation traditionnelle de la vie professionnelle du Français se trouve totalement remise en cause.

L’âge moyen d’entrée en activité a tendance à augmenter de façon régulière : il faut avoir de plus en plus de diplômes pour accéder à un emploi quel qu’il soit. Aujourd’hui les études durent de plus en plus longtemps sans pour autant véritablement préparer à un métier futur ; le baccalauréat, avec ses 80% de bacheliers ne signifient plus rien du tout… autant de facteurs qui contribuent à repousser encore un peu la première rencontre entre un jeune et son emploi. Ainsi, près de 20 % des jeunes ne commencent à travailler qu’entre 27 et 30 ans !

Plus grave encore, les 18-25 ans demeurent la tranche d’âge la plus impactée par le chômage : celui-ci touche 25% des moins de 25 ans (et eux qui ont un emploi ne sont pas toujours beaucoup mieux servis : 15% des premiers emplois correspondent à de l’intérim et près de 40% sont des temps partiels).

Dès lors, il apparait que vouloir réformer le système français des retraites et de sa durée de cotisation doit à la fois prendre en compte l’emploi des séniors, mais aussi, et peut-être surtout, la formation des jeunes : sans diplômes valables, sans formations de qualité, sans réflexions d’ensemble sur les rapports entre le monde de l’entreprise et celui de l’université, il ne pourra y avoir de solution durable, réfléchie et pertinente.

Par Gaël Nofri - Voir les 2 commentaires
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Publié dans : Positions
Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 18:42

Agriculture… Si le désastre français et la faillite du politique de notre époque devaient un jour être résumés, c’est bien le domaine de l’Agriculture qui synthétiserait le mieux la chose. Responsabilité du Ministre de l’Agriculture et de la myriade de fonctionnaires qui lui sont attachés, responsabilité aussi de l’Union Européenne et de sa détestable Politique Agricole Commune, responsabilité enfin de l’Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture ainsi que de la mondialisation généralisée des échanges… finalement peu nous importe car le constat est là et bien là.

 

En deux ans, le revenu des agriculteurs a baissé de plus de 47 % (-20% en 2008 et -34% en 2009) dans une indifférence quasi-généralisée et chaque année, notre pays compte de moins en moins d’exploitations.

 

Nous avons choisi de bâtir un monde dans lequel la notion même de frontière est condamnable et condamnée, un monde dans lequel les marchandises circulent indépendamment de leur provenance… Dans notre délire mégalomaniaque de bâtir un système plus grand et plus vaste que tout ce qui avait pu être fait auparavant, nous en avions oublié que toute action à des conséquences : perte des emplois directement ou indirectement liés aux secteurs primaires, effondrement de l’économie de certaines régions fortement rurales, atteintes portées à l’environnement du fait de la multiplication des transports…      

 

Mais tout ceci n’est que la partie visible de l’Iceberg car cette situation dramatique témoigne en réalité d’une problématique bien plus lourde, qui pose à notre société des questions quant à son identité, son devenir et son existence même.

 

Afin de répondre à celles-ci il convient d’avoir un pouvoir politique fort, ancré sur une réalité populaire et capable de prendre une décision lourde de sens, qui engage pour l’avenir. Dès lors, c’est bien d’un choix de société qu’il s’agit : entre une société attachée à sa terre ainsi qu’à ses réalités et une société perdue dans une fuite en avant effrénée, aveuglée par l’idée d’un modernisme triomphant ; entre un pays sans valeurs, sans âme et sans cohérence territoriale et un empire mondialiste, apatride et décadent au service de la construction d’un « homme nouveau ».

 

Le choix existe, et il appartient à ceux qui ne renoncent pas.

 

« Si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée.
Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres.
Les autres pas me font rentrer sur terre.
Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique.
Et puis regarde! Tu vois  là-bas, les champs de blé?
Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile.
Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste!
Mais tu as des cheveux couleur d'or.
Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé!
Le blé qui est doré, me fera souvenir de toi.
Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé... »
 
                                          Le petit Prince, 
                   Antoine de Saint Exupery
Par Gaël Nofri - Voir les 2 commentaires
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Publié dans : Positions
Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 08:13

Ainsi donc le porte-hélicoptère Le Jeanne d’Arc va cesser toute activité. Après 45 années de bons et loyaux services il ne convient pas d’être nostalgique ou de contester cet arrêt, mais simplement de dire bravo; bravo et merci.

Malgré tout, cet hommage ne peut qu’être teinté d’amertume-pour ne pas dire de dégout- lorsque l’on apprend simultanément que, pour la première fois depuis 1912, le navire ne sera pas remplacé, faute de moyens. La France emprunte à tour de bras, dépense plus que de raison pour accueillir les Chefs d’Etat à un sommet Euro-méditerranéen futile et inutile, se trouve être contributeur net de l’Union Européenne, se permet de maintenir les 35 heures malgré la crise… mais n’a pas les moyens de maintenir les équipements de sa défense nationale ! Tout est une question de priorité et le premier signe de la folie est de ne plus savoir clairement où sont ses priorités !


Plus grave encore est le symbole : la construction européenne étant ce qu’elle est, la libre concurrence y est le critère dominant. Ainsi, lorsqu’un appel d’offre, forcément européen, aboutit à la conclusion qu’il serait moins couteux de faire désosser notre belle « Jeanne » en Angleterre qu’en France, l’amour propre s’incline face au dictat du veau d’or… Et, suprême insulte, voici que Jeanne d’Arc sera donc livrée aux Anglais … comme si l’Histoire se répétait !


Bruxelles nous coûte trop pour que l’on continue à entretenir une Armée digne de ce nom ;


Bruxelles nous contraint à tourner le dos à notre Histoire au prix du déshonneur ;


Que l’on me pardonne car la vulgarité n’est en générale pas ma tasse de thé, mais puisqu’il faut bien le dire, la morale de l’histoire est que l’Europe c’est toujours la même chose : des bourses toujours plus petites et plus rien entre les jambes !

 

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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