Faut-il ou non augmenter l’âge légal du départ à la retraite des Français ?
Il semble de plus en plus évident avec
l’augmentation de la durée de vie, la part des séniors dans la population française et les difficultés chroniques de l’Etat à boucler ses budgets que le rythme actuel des dépenses ne pourra pas
être tenu : il convient de réformer les choses.
Pour autant convient-il d’augmenter indéfiniment l’âge du départ à la retraite de nos aînés alors même qu’aujourd’hui, arrivé à 50 ou 55 ans, plus aucun employé ne peut retrouver un
emploi. N’en déplaise au Gouvernement, l’emploi des "quinquas" ne se porte pas bien : premiers licenciés, derniers embauchés, mises en
retraite anticipées (…) beaucoup aimeraient bien pouvoir aller jusqu’à 60 ans, mais la réalité est autre car seuls 38% des Français de plus de 50 ans ont aujourd’hui un
travail.
Certes, une nouvelle loi, visant à nous mettre en conformité avec les dispositions du Traité de Lisbonne, tente, depuis le 1er janvier dernier de préserver l’emploi des plus de 55 ans
et de promouvoir l’emploi des plus de 50 ans par les structures de plus de 50 salariés ; mais est-ce vraiment suffisant ?
A y regarder de plus près le problème est plus complexe, plus profond que cela: si l’emploi des seniors est un handicap, il est loin d’être le seul. C’est sans doute à l’autre bout de la chaîne
que se trouve en réalité la principale difficulté : avec une jeunesse qui entre dans le marché du travail tard, notre représentation traditionnelle de la vie professionnelle du Français se
trouve totalement remise en cause.
L’âge moyen d’entrée en activité a tendance à augmenter de façon régulière : il faut avoir de plus en plus de diplômes pour accéder à un emploi quel qu’il soit. Aujourd’hui les études durent de plus en plus longtemps sans pour autant véritablement préparer à un métier futur ; le baccalauréat, avec ses 80% de bacheliers ne signifient plus rien du tout… autant de facteurs qui contribuent à repousser encore un peu la première rencontre entre un jeune et son emploi. Ainsi, près de 20 % des jeunes ne commencent à travailler qu’entre 27 et 30 ans !
Plus grave encore, les 18-25 ans demeurent la
tranche d’âge la plus impactée par le chômage : celui-ci touche 25% des moins de 25 ans (et eux qui ont un emploi ne sont pas toujours beaucoup mieux servis : 15% des premiers emplois
correspondent à de l’intérim et près de 40% sont des temps partiels).
Dès lors, il apparait que vouloir réformer le système français des retraites et de sa durée de cotisation doit à la fois prendre en compte l’emploi des séniors, mais aussi, et peut-être surtout, la formation des jeunes : sans diplômes valables, sans formations de qualité, sans réflexions d’ensemble sur les rapports entre le monde de l’entreprise et celui de l’université, il ne pourra y avoir de solution durable, réfléchie et pertinente.
