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Brèves

Publié dans : Brèves
Vendredi 20 janvier 2012 5 20 /01 /Jan /2012 22:29

uranium.jpgL’affaire Uramin est à la fois l’illustration des dérives de l’Etat mais aussi une véritable affaire d’Etat.

 

En effet, l’achat par le groupe français Areva de cette société d’exploitation d’Uranium s’avère être une véritable gabegie financière, une gabegie aux conséquences sociales et industrielles lourdes. Achetée en 2007 par Anne Lauvergeon pour la somme astronomique de 2,2 milliards € cette entreprise ne vaut aujourd’hui plus que 400 millions € , soit près de 2 milliards € de pertes !

Ce désastre aurait pu être évité si l’Etat, principal actionnaire de la société Areva, avait tenu compte du premier rapport de l’Agence Participation de l’Etat rendu sur ce dossier qui incitait à la prudence et à la réserve. En effet, la somme engagée est alors colossale au regard de ce qu’est la société Uramin en 2006: un groupe qui affiche 23 millions € de pertes et dont les droits miniers ne font pour alors l’objet d’aucune exploitation.

 

De même, le ministère des Finances aurait dû s’interroger sur l’aspect autrement spéculatif du prix de l’Uranium en 2007, sur le rapport faisant apparaitre la très faible teneur en Uranium des gisements alors vendus, sur l’aspect peu rentable de leur extraction. Si la société avait été prudente elle aurait adopté la même réaction que l’électricien chinois CGNPC qui a refusé de participer à ce rachat malgré la proposition très intéressante qui lui était faite (prise de participation de 49% pour une livraison de 60% de la production annuelle).

 

Enfin, comble de tout cela, on ne peut que s’insurger lorsque l’on constate que cette opération, pourtant initiée par une entreprise à capitaux publics, a été réalisée dans un paradis fiscal.

Nous n’oublions pas que cette opération a été menée par Madame Lauvergeon, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée de François Mitterrand, nommée par le ministre socialiste Dominique Strauss Khan; elle a été bien sur maintenue dans celui-ci par Monsieur Chirac pour une rémunération totale de 1,12 million € par an alors même que, dès 2002, la Cour des Comptes avait dénoncé sa gestion calamiteuse. Nous n’oublions pas non plus que Madame Lauvergeon a reçu de son ministre de tutelle, Christine Lagarde, actuellement Secrétaire Général du FMI, le trophée de femme d’entreprise de l’année et s’est vue féliciter par celle-ci pour l’acquisition d’Uramin… ni que l’actuel Président de la République, admiratif de sa clairvoyance, était prêt à la nommer ministre des Finances avant de la désigner à la commission Attali pour la « Libération de la croissance française» !

 

Si ce dossier illustre parfaitement l’incompétence des dirigeants PS et UMP, il a aussi de graves conséquences tant au plan industriel, fragilisant encore un peu plus un des fleurons de l’industrie française déjà malmené par la situation internationale, qu’au plan social, puisque Areva prévoit aujourd’hui de supprimer quelques 1.500 emplois.

 

Il faut que la commission d’enquête parlementaire, mise en place sur ce dossier, puisse mener sereinement son enquête, ce qui ne semble pas être le cas aujourd’hui. Il est urgent d’obtenir toute les réponses nécessaires quant à cette affaire et à la gestion d’Areva. Il est primordial que toute la lumière soit faite sur le rôle réel de chacun : le Gouvernement, premier actionnaire d’Areva, ne peut se dédouaner de sa part de responsabilités dans ce désastre.

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Brèves
Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 19:47

images-copie-1Le recul de Nicolas Sarkozy sur la nomination annoncée de l’actuel Secrétaire Général de l’Elysée Xavier Musca à la tête de la Caisse des dépôts et Consignation ne peut que réjouir tous les défenseurs des valeurs républicaines, attachés à l’intérêt général, au refus du clanisme et des nominations de complaisance. Cependant, nous ne pouvons que nous inquiéter de la décision du Chef de l’Etat de laisser en jachère la direction d’un tel organisme à l’heure où celui-ci se trouve en première ligne pour traiter nombre de dossiers importants, surtout en période de crise.

 

La question du devenir des activités de la banque franco-belge DEXIA et par là même du refinancement des Collectivités Locales, dossier dans lequel le Gouvernement s’est déjà illustré par une incompétence et un amateurisme tragique, ne peut que nous alarmer. S’il est nécessaire de ne pas obérer l’avenir par une nomination de pure complaisance, il est en revanche important de ne pas s’enfermer dans une attitude irresponsable dont les conséquences économiques, sociales et locales ne peuvent qu’être terribles pour notre pays.

 

Nicolas Sarkozy prétend vouloir apporter à la France « un précédent démocratique qui honore notre pays », qu’il commence par garantir que Marine Le Pen puisse être candidate aux élections présidentielles, qu’il assure au courant national une véritable représentativité au sein de l’Assemblée Nationale, au lieu de se dédouaner d’un dossier difficile mais pourtant crucial.

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Brèves
Dimanche 3 avril 2011 7 03 /04 /Avr /2011 22:00

arton4751-1d3fbLe Parlement Européen et ses services jouent finalement assez bien les vierges effarouchées.

Comment en effet ne pas être estomaqué par l’aplomb avec lequel ceux-ci communiquent au lendemain de l’annonce faite par le journal britannique Sunday Time selon laquelle trois députés européens auraient accepté la somme de 100.000 euros contre le dépôt d’un amendement visant à favoriser ce qu’ils croyaient être les intérêts d’une entreprise privée. Il est en effet de notoriété publique que ce système de corruption est monnaie courante, voir même encouragé, organisé et, parfois, financé par les institutions de Bruxelles. Ainsi, n’est-il pas rare de constater que nos chers eurodéputés ajoutent bien souvent à leurs maigres émoluments de 200.000 euros par an (sans prendre en compte les notes de frais), de belles rémunérations de « consultant » pour des entreprises privées. Il n’est qu’à se promener dans la capitale belge pour s’apercevoir que les grandes firmes, les groupes de pression qui comptent et les communautés les plus diverses y possèdent toutes une antenne chargée d’y faire du « lobbying ». Jolie anglicisme pour désigner ce qui n’est finalement rien d’autre que de la corruption.

Certes il existe de la corruption directe et de la corruption plus ou moins maquillée, camouflée derrière quelques avantages bien réels… Le fait est que les règles décidées à Bruxelles et Strasbourg semblent bien éloignées de la préoccupation d’intérêt général qui devrait pourtant être la règle !

Mais que l’on se rassure, nos nobles dirigeants de l’Union le promettent et le jurent, cette fois tout est fini… D’ailleurs, deux des trois élus pris la main dans le sac ont déjà démissionné. L’un d’eux, Ernst Strasser (autrichien) sera remplacé par Hubert Pirker. Un homme bien loin de ce genre de pratique : déjà député européen de 1996 à 2004 et de 2006 à 2009, Hubert Pirker dirigeait depuis cette date EU Triconsult… une agence de lobbying bien sur !

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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Publié dans : Brèves
Lundi 25 octobre 2010 1 25 /10 /Oct /2010 13:08

 allais2Paradoxe français, Maurice Allais était le seul économiste français à avoir reçu le prix Nobel d’économie, mais aussi le seul dont aucun de nos dirigeants politico-médiatiques n’aient jamais voulu écouter les analyses et les réflexions. C’est que, n’appartenant à aucune famille politique, l’homme n’hésitait pas à prendre des positions iconoclastes, au risque de choquer par la liberté de ses analyses : il s’était notamment exprimé en faveur de la défense de l’agriculture française par la mise en place d’une « préférence locale » ou encore, pour la préservation de l’industrie nationale par une politique protectionniste qu’il jugeait « non seulement justifiée, mais absolument nécessaire ».

 

Un intellectuel qui, quoique se définissant lui-même comme libéral, n’était  pas un adversaire acharné de la notion même de frontière dénotait dans le paysage français. Loin de l’idée largement répandue par les adeptes de la « bien-pensance » selon laquelle l’idée nationale, la protection des économies et le maintien des frontières étaient l’apanages des sous-diplômés, alcooliques, ignares et limités, le personnage de Maurice Allais rassurait. Il rassurait tous les Français qui pensent que la zone euro, la construction européenne sans cesse élargie et la mondialisation sans frontière n’étaient pas des choix économiques pertinents.

 

Résistant, mais terroriste aux yeux des élites médiatico-financières, Maurice Allais avait été condamné par les gardiens vigilants des dogmes mondialistes. Car dans le monde qui nous dirige, et la crise récente l’a encore prouvé, nul ne cherche à écouter des économistes qui « raisonnent juste », ce que l’on exige ce sont des théoriciens qui aillent dans « le bon sens ». Qu’importe l’erreur, et même si le système s’effondre, on prend les mêmes et l’on recommence, comme si de rien était, comme si les réalités vécues ne comptaient pas et que seule importait la chimère des lendemains sans frontière, d’un monde apatride et donc forcément plus heureux…

 

Que l’on soit tout ou partie d’accord avec lui, Maurice Allais était un grand français qui eut, outre sa réflexion et son Nobel, l’immense mérite de nous rappeler qu’une contestation est toujours possible et que les schémas que l’on nous impose peuvent, et méritent, d’être remis en cause.

 

Publié in "Les 4 vérités"

20 octobre 2010

Par Gaël Nofri - Voir les 0 commentaires
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